Juste la fin du monde

Un fils prodige revient dans sa famille pour annoncer sa mort prochaine. Adapté d’une pièce de théâtre d’un auteur à succès mort du sida en 1995, Jean-Luc Lagarce, le nouveau film de Xavier Dolan s’empare de ce difficile sujet pour nous livrer une mise en scène qui colle au jeu de ses excellents interprètes.

Car le casting est haut de gamme: Nathalie Baye, Vincent Cassel, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Gaspard Ulliel, excusez du peu! Mais est-ce vraiment suffisant pour nous dépeindre le non-dit de cette famille en perpétuelle dispute, les antagonismes larvés d’êtres qui n’ont jamais (ou très mal) communiqués? Probablement que non, même si Xavier Dolan essaye de tendre le fil de son récit en jouant sur l’émotion distillée entre les personnages par cette possible révélation de la mort prochaine de Louis.

Les plans sont serrés sur les personnages, les dialogues sont déclamés façon théâtre d’autrefois et la musique est omniprésente dans les moments les plus calmes. Ce sont autant de tentatives du jeune réalisateur de nous rendre tangible l’intangible. Mais dans toute cette fureur qui n’aboutit jamais, le spectateur n’a que peu de chances d’y trouver son compte d’autant que le récit fait du surplace la plupart du temps pour laisser la place aux invectives des personnages et à l’expression de leur colère.

Si ce n’est pas le plus grand film de Dolan -surtout après MOMMY– et probablement parce que Dolan ne s’empare pas assez de l’oeuvre de Lagarce pour la faire sienne, cela reste malgré tout une proposition réussie de mise en images de la fébrilité qui peut précéder des moments difficiles de la vie d’une famille.

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