Titre français : Boiling Point
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Si vous avez manqué le début:
JUGATSU nous invite à partager (le temps d’un film) une mésaventure rêvée par Masaki, un jeune pompiste hébété, qui, après avoir été rudoyé par un yakuza, lui a décoché un coup de poing. Les représailles ne se font pas attendre et Masaki demande de l’aide à l’entraîneur des Eagles, une équipe de baseball dans laquelle il joue (très mal) à ses heures perdues. Ce dernier se fait humilier et tabasser…
Notre critique:
Tous les cinéphiles vous le diront, Takeshi Kitano est la révélation cinématographique la plus flamboyante de ces dernières années. Après Hana-Bi (son chef-d’oeuvre) et avant KIKUJIRO, les amateurs pourront se mettre sous les yeux son deuxième film: JUGATSU. Datant de 1990, c’est la première fiction entièrement écrite et partiellement montée par le maître himself.
En y apposant un style particulier aux angles décalés, Kitano esquisse ce qui deviendra ses futures signatures, comme la narration circulaire (la fin du film est son point de départ), la fascination pour le sport et la violence, la mélancolie latente, le rapport décalé à la mer, le style elliptique et son inimitable goût pour les dérapages burlesques. Avec JAGATSU, Takeshi Kitano s’affranchit et ose un cinéma onirique même s’il n’est pas toujours judicieux. Néanmoins, toutes ses tentatives ne sont pas dénuées d’intérêt, car, aussi mal formé que soit ce deuxième enfant pelliculaire, il nous attendrit par ces étranges saynètes où Kitano se met (trop) en scène et déforce son récit.
Sans avoir la maîtrise dont font preuve ses oeuvres suivantes, JUGATSU demeure un ouvrage à voir.