Jean-Philippe
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Jean-Philippe

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 90’
Genre:
Date de sortie: 04/04/2006

Cotation:

4/ 6

Si vous avez manqué le début:

On est bien peu de choses, tenez par exemple Johnny Hallyday euh pardon Jean-Philippe Smet, il a suffit il y a 45 ans d'un stupide accident de Vespa et d'une paire de freins qui lâchent pour que "l'idole des jeunes" ne connaisse jamais la notoriété en dehors du bowling de l'Olympia dont il est désormais le gérant. Exit, inconnu au bataillon des rock stars le "Jojo National"! En revanche un certain Chris Summer lui fait le carton plein au Stade de France et mouille ses chemises devant une horde de fans en délire pendant que Jipé Smet, perdu dans son pavillon de banlieue, n'a jamais entendu parler de rock'n'roll attitude. Catastrophique, cauchemardesque, cette réalité est carrément impossible et tout bonnement inenvisageable pour Fabrice, plus grand fan intergalactique (donc de France et de Navarre), de Johnny Hallyday. Eh pourtant c'est exactement le monde dans lequel il se réveille après avoir pris un monumental bourre-pif de son voisin un soir de beuverie sévère où il hurlait "Ma Gueule" au beau milieu de la chaussée. Incapable de renoncer à sa "Smetmania aiguë" véritable religion, Fabrice qui a tant besoin d'y croire encore, part à la recherche de ce Jean-Philippe Smet bien décidé à réveiller le Johnny qui sommeille en lui...

 

Notre critique:

Ami lecteur si tout comme moi la santiag et le blouson à franges ne trônent pas dans ta penderie et que tu ne t’es jamais penché sur la question du « quelque chose en toi de Tennessee », ne prends pas pour autant tes sandalettes à ton coup à la vue de l’affiche de JEAN-PHILIPPE. L’habillage à paillettes ne fait pas le moine et ce divertissement est suffisamment givré et calibré grand public pour te tirer de tes méditations métaphysiques quotidiennes et solliciter tes zygomatiques. Bref en un mot et pour faire simple, inutile d’être un inconditionnel de Johnny pour profiter de cette fable azimutée signée Laurent Tuel qui pour les besoins de ce scénario complètement brindezingue ne pouvait pas faire mouche sans y joindre le plus populaire des chanteurs de l’hexagone et le plus allumé et exubérant des acteurs de la même contrée. D’ailleurs de l’autre côté de l’atlantique, on parle déjà d’un remake de JEAN-PHILIPPE mais avec Madonna (euh pardon Louise Ciccone) car comme chacun le sait en dehors de la France, la popularité de l’idole des anciens jeunes est plutôt limitée pour ne pas dire carrément inexistante.

Inutile donc de prévoir le tube de paracétamol à la sortie, JEAN-PHILIPPE assume sa légèreté sans pour autant rimer avec débilité. Alors oui quelques esprits chonchons et les rabats-joie vous diront que l’idée du film sur les fans sent un peu le réchauffé notamment après la déferlante PODIUM (qui nous vaut d’ailleurs quelques sympathiques clins d’oeils) ou que le tout manque de psychologie et aurait pu justement creuser sur des thèmes tels que la vie par procuration ou l’analyse du phénomène des idoles. C’est vrai que l’aspect saugrenu et amusant de l’idée d’un monde sans Johnny permettait justement tous les excès à la manière d’un BEING JOHN MALKOVICH et si le tout avait été un poil plus enlevé on ne s’en serait pas plaint.

Mais bon sans avoir la prétention de révolutionner le 7ème art, le duo Fabrice Luchini et Johnny Hallyday dans des rôles taillés sur mesure fonctionne plutôt pas mal et le charisme complémentaire de ces deux là y est pour beaucoup. Tandis que le premier se traîne une forme olympique dans l’exubérance et la grandiloquence, à l’opposé, le second trimballe sa vieille carcasse usée avec juste ce qu’il faut de distance et de sobriété pour nous enchanter de savoureux moments d’autodérision. Certes si ils ne vont va pas jusqu’à allumer le feu, les étincelles de rigolade qu’ils provoquent sont déjà agréablement divertissantes.