Janis et John
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Janis et John

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe :
Durée : 105’
Genre :
Date de sortie : 11/11/2003

Cotation :

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Modeste agent d’assurance mesquin et roublard, Pablo mène une existence banale et routinière avec sa femme Brigitte et leur fils dans un petit pavillon de banlieue. Pour arrondir ses fins de mois, il n’hésite pas à arnaquer ses clients en leur faisant croire qu’ils sont assurés. Mais voilà qu’un jour une de ses petites magouilles tourne mal et qu’il se retrouve contraint de rembourser à un client escroqué, le montant énorme de la prime d’assurance pour sa voiture de collection qu’on vient de lui voler. Apprenant que Léon son lointain cousin illuminé vient de toucher le pactole lors d’un récent héritage, Pablo décide de lui soutirer son magot en lui faisant croire que John Lennon et Janis Joplin, les deux idoles auxquelles il voue un véritable culte, sont revenues d’entre les morts pour le saluer. Pour convaincre ce cousin lunaire coincé sous acide depuis 30 ans, il recrute par petite annonce un acteur ringard au chômage sensé incarner Lennon et pousse sa femme à jouer le rôle de la chanteuse emblématique des sixties.

 

Notre critique:

Oui JANIS ET JOHN est le dernier film de Marie Trintignant, oui son réalisateur est l’ancien époux et le père de deux des enfants de l’actrice disparue, oui l’un des acteurs principaux est également un ex, oui ce film a été écrit comme un cadeau avant tout pour elle. Voilà, les ragots qui alimentent la sortie de ce premier long métrage, sont jetés en vrac pour faire taire une bonne fois pour toutes la curiosité malsaine ou nostalgique qui rôde autour de ce film, alimentant les commentaires les moins objectifs et les réactions les plus insensées en guise de publicité. Laissons donc de côté les anecdotes d’un tragique fait divers trop lourdement médiatisé pour se concentrer uniquement sur le contenu de cette comédie au scénario un peu loufoque, quitte à porter un avis très mitigé sur la chose et à ne pas tomber dans le consensus politiquement correct qui semble vouloir régner.

En partant sur cette idée de base un peu farfelue mais néanmoins sympathique (faire revivre deux « monstres disparus» de la musique pop à travers leurs sosies dans une délirante petite histoire d’arnaque), Samuel Benchetrit s’ouvre ainsi la porte aux idées les plus fantaisistes qui avec une bonne dose de drôlerie et d’inventivité peuvent offrir un résultat savoureux et fort ludique. Malheureusement une fois sa galerie de personnages fantasques présentée, le jeune réalisateur s’emberlificote vite dans une mise en scène trop limitée et confuse manquant terriblement de rythme pour réussir à nous tenir en haleine bien longtemps et nous faire jubiler. Du coup son histoire de bras cassés tombe rapidement dans la facilité et les longueurs, ne reposant plus que sur une poignée de joyeuses scènes trop rares et une charmante BO clin d’oeil aux 70’s.

Malgré une bande d’acteurs qui semble s’en donner à coeur joie dans la folie douce et la loufoquerie, JANIS ET JOHN a bien du mal à nous faire planer dans leurs délires tant les ficelles sont grosses et les maladresses trop nombreuses pour arriver à faire mouche. Tout juste légère et divertissante, cette comédie qui n’exploite malheureusement pas à sa juste valeur l’énergie de ses interprètes trop souvent en roue libre, manque sans doute de la petite touche personnelle qui aurait pu faire son originalité. En résumé si l’on regarde « normalement », ce film que certains qualifieront de « posthume », sommes-nous sûrs de le trouver absolument bouleversant et attachant ?