Jane Eyre

Jane Eyre (I)

Après une longue absence sur les toiles blanches, Charlotte Gainsbourg effectue un retour en force. Vous pouvez la voir actuellement dans deux films, l’excellent ANNA OZ, et le décevant JANE EYRE. C’est de ce dernier dont il s’agit ici.

Adapté d’un livre de Charlotte Brontë (1847), JANE EYRE est un drame romantique sur lequel plane un nuage de mystère. Jane et Edward forment un couple émouvant et fragile, déchiré par un amour impossible. Rochester est prisonnier de son passé tragique, et Jane essaye, elle aussi, de s’en libérer. Le destin les unit, mais ne les épargne pas. Le scénario, bien que classique, est prometteur. L’intrigue est simple et efficace. Elle reprend les thèmes habituels: château hanté, déception, jalousie, mariage… Bien que le rythme de la première partie soit lent et répétitif (les épreuves successives que doit endurer la jeune fille), l’histoire prend son envol à la rencontre des deux héros.

William Hurt est sensible et imposant. Charlotte Gainsbourg est impressionnante dans son rôle de beauté frigide. C’est l’occasion pour elle d’entamer un virage dans sa carrière. Elle se tourne désormais vers des rôles plus matures et romantiques. Elle qui jouait des personnages ambigus, provocateurs, dérangeants (et dérangés?), incarne désormais des amoureuses transies et torturées, au charme glacé.

Le matériel de départ est parfait. Cette adaptation flaire le succès.

C’est sans compter sur le réalisateur. Et surtout sur sa mise en scène insupportable. Zefirelli enterre littéralement son film. La caméra est toujours mal placée. Le cadrage est raté. Le montage est pitoyable. La sensation de désastre est omniprésente pendant les 113 minutes de projection. Même les scènes les plus anodines, les conversations par exemple, sont malhabiles. On a envie de crier « Cut! », de retourner certaines séquences et de remonter le tout. Mais c’est trop tard. On ne peut que fermer les yeux, ou dormir. Ou partir.

Les atouts de JANE EYRE: l’histoire et l’interprétation, principalement celle de la jeune actrice française. Le reste est tellement déplorable qu’un bon conseil s’impose: allez admirer Charlotte dans ANNA OZ, et achetez-vous le bouquin de Brontë.

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