Ils Se Marièrent Et Eurent Beaucoup D'Enfants
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Ils Se Marièrent Et Eurent Beaucoup D’Enfants

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Ils Se Marièrent Et Eurent Beaucoup D'Enfants

Equipe:
Durée : 100’
Genre:
Date de sortie: 31/08/2004

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Ils sont trois copains, ont la petite quarantaine, et s'interrogent sur leur vie. Vincent vit avec Gabrielle et Georges avec Nathalie. Ils ont chacun un petit garçon de 5 ans et ont l'impression d'étouffer, de s’embourgeoiser et même de s’être fait piéger par une société qui les a poussés à travailler, se marier et faire des enfants. Ils envient la liberté de Fred, le troisième célibataire et Don Juan infatigable qui n'a ni attache, ni enfants et tente de donner enfin un sens à sa vie. Vincent pourrait être le plus heureux des hommes mais, noyé dans ses incertitudes de quadragénaire routinier, il trompe Gabrielle avec une masseuse, sans savoir que son épouse a depuis longtemps deviné son secret.

 

Notre critique:

Il y a trois ans lorsque Yvan Attal passait derrière la caméra pour nous parler de son admiration pour sa Charlotte (MA FEMME EST UNE ACTRICE), on avait trouvé ça plutôt mignon. Et si les accros à la presse « pipole » qui avaient laissé tomber leur « Voila-Gaci » pour s’enfourner dans une salle de cinoche en espérant y faire des grandes découvertes sur la vraie vie des stars en étaient ressortis un peu déçus question potins (mais rassurés de voir que « la petite avait drôlement grandi »), nous on avait plutôt bien aimé ce petit film joyeux, léger et frais, reposant certes beaucoup sur le charme naturel de Charlotte Gainsbourg. Pour son deuxième essai à la fonction de réalisateur, on se doutait bien que le monsieur n’allait pas d’un coup d’un seul changer radicalement de style et nous balancer en plein écran des histoires de monstres sanguinaires et poilus, mais de là à nous ressortir du placard les mêmes ingrédients, il fallait tout de même oser.

On prend donc les mêmes et on recommence serions nous tentés de dire pour résumer la chose. Bon oui, d’accord, me direz-vous, on change les prénoms du couple vedette et par la même occasion le job de chacun et la bande de copains qui va avec, on ajoute un ou deux gamins et le tour est joué. Voilà donc encore un énième film choral sur les petits soucis (je largue ma maîtresse ou je pars en thalasso) et les gros tracas (loft en centre ville ou ferme à la campagne) qui turlupinent les quadras (trentenaires pour les dames c’est plus photogénique) « Bobo » et dont se gargarise un certain cinéma parisien. Seulement voilà, le genre commence sérieusement à s’essouffler et se n’est pas en invitant quelques copains pour parler de foot et de grosses bagnoles entre deux interrogations libidineuses ou en classant les femmes (sauf la sienne) en deux catégories à savoir les p… et les névrosées, que l’on peut prétendre à faire du neuf que ce soit dans le comique, la chronique sociale ou la comédie de moeurs.

Caricatural et manquant de spontanéité ILS SE MARIERENT… est en somme une sorte de film jouet juste pour se faire plaisir. Yvan Attal y invite des potes pour se lâcher dans un florilège de vieux réflexes de machos primaires, filme les premiers pas de son fiston derrière la caméra, s’offre Claude Berri et Anouck Aimée en parents rêvés, zoome sur la nuque de sa douce en contre-plongée et avec elle, se paye même le luxe de saccager son décor dans une bataille oeufs, farine, ketchup et autres machins cracras qui tâchent. Les séquences s’empilent, se suivent et remplissent donc sans grande originalité ce film un peu trop facile où tout le monde s’amuse comme des petits fous sauf peut-être nous. Bref si tout ce joli monde s’appelait « Du Chmol » pas sûr que ça fasse une vidéo de vacances pour les longues soirées d’hiver.