I am Chance

I am chance

Après KINSHASA KIDS en 2012 et KINSHASA NOW un court en VR, le réalisateur/producteur Marc-Henri Wajnberg poursuit avec I AM CHANCE son exploration du monde sans pitié mais haut en couleurs de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo.

Pour ce nouveau documentaire, le réalisateur belge suit les pas d’une des anciennes protagonistes de KINSHASA KIDS, Chancelvie, une jeune prostituée de 14 ans, enceinte, qui va le mener dans les recoins étonnants de cette capitale où toutes ces jeunes femmes survivent tant que faire se peut.

Portant un regard assez neutre sur ce qu’il filme, Marc-Henri Wajnberg s’attache principalement à suivre fidèlement les pas de cette jeune femme chez qui l’on sent une volonté assumée de se mettre en avant avec un certain talent de jeu inné devant la caméra. Avec elle, tout devient banal: le vol, la prostitution, le viol ou encore la violence sont là en permanence comme un état de vie. « On survit, notre mort n’a pas de valeur » suggère-t-elle dans le film. Elle décrit (ainsi que ces copines d’infortune) la hiérarchisation des « écuries » de filles avec leur Maréchale, leur Générale et le Diabo. Cette banalisation et cette organisation du système constitue le pilier du fonctionnement d’une société des rues qui se moque bien du reste des habitants de Kinshasa (ces derniers leur rendent bien aussi).

Sans doute pour dédramatiser un peu son propos, le réalisateur et son équipe nous montre aussi l’interaction de ces filles avec les artistes locaux. Ce qui nous vaut par ailleurs d’étonnantes rencontres avec des artistes d’une grande créativité qui dénonce avec l’aide de ces enfants des rues les injustices, la pauvreté ou encore la pollution (absolument effarante à Kinshasa!)

I AM CHANCE est un film édifiant et éducatif (d’une certaine manière) qu’il ne faut pas pour autant mettre devant les yeux de n’importe qui. L’âpreté de certaines scènes, la violence morale ou physique qui baigne le film sont autant de cris jetés à la face du spectateur. Il faut donc en mesurer la portée et certainement conserver une certaine distance avec le sujet pour éviter de se morfondre.

Articles associés

The Black Phone

Jurassic World Dominion

C’est magnifique!