Hush!

Hush!

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 135’
Genre:
Date de sortie: 23/07/2002

Cotation:

2 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Quand Naoya, homosexuel bien dans sa peau et un peu exubérant, rencontre Katsuhiro, un jeune homme plus réservé à la sexualité moins assumée, entre ces deux là c'est immédiatement le coup de foudre. Ca aurait presque pu être le parfait amour si Asako, une jeune femme un peu paumée, n'était pas venue croiser leur route et semer la zizanie dans leur histoire avec ses obsessions de maternité. Car la demoiselle bien que célibataire endurcie, a craqué pour les beaux yeux de Katshuhiro et s'est mise en tête d'avoir un enfant de lui. Oui mais voilà les deux jeunes hommes ne sont pas franchement chauds pour fonder une famille trio-parentale et Nayoa plutôt agacé n'a pas l'intention de voir filer son nouvel amant avec cette japonaise entêtée.

 

Notre critique:

Ryosuke Hashiguchi est un des rares cinéastes japonais à affirmer haut et fort son homosexualité à la ville comme à l’écran. Après trois films où il déclinait sa différence à chaque étape de sa vie et les difficultés à la vivre et à l’assumer dans une société nippone qui considère encore la communauté gay comme marginale, le voici qui poursuit son credo en mettant cette fois le cap sur les trentenaires et leurs interrogations à fonder une famille. Jusqu’alors peu connu en dehors d’un cercle de cinéphiles restreint, ce quatrième volet porté par ses expériences et sa réflexion très personnelle l’a projeté sur le devant de la scène du cinéma japonais. Sorti à l’automne dernier dans son pays, HUSH a rencontré un énorme succès et l’on raconte que les tickets s’y réservaient deux mois à l’avance tant les salles étaient combles.

Moins radicale et sombre que les opus précédents du réalisateur, cette comédie douce-amère aux accents parfois vaudevillesques bien que jugée audacieuse au pays du soleil levant n’a pourtant rien d’un chef-d’œuvre sulfureux sous nos antipodes. D’ailleurs, sans ses deux heures quinze de pellicule qui n’en finissent pas de s’étirer en longueur entre ellipses et longs plans-séquences (qui risquent d’en agacer beaucoup et dont quelques-uns tomberont sous le charme) on se dit qu’au regard du jeu des acteurs et des préoccupations des personnages, tout cela aurait pu faire un gentil épisode de sitcom kitsch et frivole à souhait.

Particulièrement long et indécis dans sa manière d’aborder son sujet, maladroit et exagéré dans sa mise en scène, excessif et poussif dans sa façon de dépeindre ses personnages, HUSH a de grandes chances de ne parvenir qu’à susciter dans nos contrées plus débridées qu’un réel ennui ou une certaine exaspération. A réserver donc à ceux les maux de la société japonaise passionnent et qui ont envie d’approfondir le sujet.