Hacksaw Ridge - Tu ne tueras point
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Hacksaw Ridge

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Tu ne tueras point

Cotation:

5/ 6

Si vous avez manqué le début:

Blue Ridge Mountains, Virginia. Hal et Desmond Doss font les idiots en grimpant dans les rochers avoisinants. Ils aiment entrer en compétition et se battent souvent, il faut dire que leur père bat sa femme... Et voilà que lors d’une bagarre un peu plus rude, Desmond frappe la tête de son frère avec une brique qui traîne à sa portée, Hal en réchappe de justesse et Desmond se met à réfléchir sur sa violence et ce qu’elle entraîne.

 

Notre critique:

Et si un objecteur de conscience s’engageait dans l’armée américaine en tant qu’infirmier lors de la seconde guerre mondiale? C’est sur ce présupposé bien réel, puisqu’il est tiré d’une histoire vraie, que Mel Gibson construit HACKSAW RIDGE, son 5ème film en tant que réalisateur.

A l’instar de ce qu’il a fait dans BRAVEHEART ou APOCALYPTO, il nous livre une mise en scène forte avec un sujet à controverse, le tout sur fond de religion et d’images chocs d’une violence gore et brutale. C’est la notion même d’héroïsme qu’il met sur la sellette tout en dénonçant la guerre et ses horreurs alors qu’elle est, en soi, une machine à faire des héros.

Car son récit, découpé en plusieurs parties (Enfance, procès, Okinawa), fait penser, dans sa forme, à un FULL METAL JACKET. On sent en effet dans HACKSAW RIDGE, une volonté de démonstration à tout prix, comme on le voit dans le film de Kubrick. L’opposition entre la non-violence raisonnée de Desmond (suite à la bagarre avec son frère et à ses altercations avec son père) et l’âpreté de la guerre brutale, violente et gore est démultipliée par la mise en scène sans fards de Gibson. Le discours du film est souvent ambigu comme l’est la guerre d’ailleurs: oscillant entre dénonciation et transcendance de ces combats entre frères humains.

Mais le réalisateur/acteur américain ne se contente pas de raconter une histoire vraie en images chocs, il l’enrobe de tout ce qui fait l’Amérique et son peuple: la famille, l’alcoolisme et la religion sont aussi omniprésents (comme d’ailleurs dans sa propre vie). Et cette connotation religieuse permanente renforce le caractère réaliste de ces hommes qui se battent pour un idéal sans trop savoir d’où il vient, qui croient bien souvent que le patriotisme est aussi religieux.

Bon, bien sûr, il y a cette volonté chez Mel Gibson de provoquer le spectateur en le confrontant directement à la violence, en lui assénant presque les coups de plein fouets au travers d’images et de situations d’une rare brutalité, pour parvenir à faire passer son message. Et cela risque clairement de choquer les plus sensibles d’entre vous… même si c’est pour dénoncer les horreurs de la guerre. Vous voici donc prévenus.

 

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