Grâce à Dieu

Un homme, un catholique, bon père de famille se décide à dénoncer les agissements d’un membre de l’Eglise. François Ozon démarre en force pour son GRACE A DIEU.

S’inspirant de l’affaire de Monseigneur Barbarin qui a fait la une il y a peu (il a remis sa démission au Pape pour ne pas voir pris les mesures nécessaires vis-à-vis des pédophiles au sein de l’Eglise), l’éclectique réalisateur de L’AMANT DOUBLE ou de POTICHE compose une fiction extrêmement bien documentée, avec une mise en scène au cordeau et un casting parfaitement choisi.

Rythmé par trois “témoignages” (3 personnages), GRACE A DIEU pourrait ressembler à un film à charge alors qu’il n’en est rien. Et c’est là tout le talent de Ozon: parvenir à traiter les faits juste les faits avec toute leur hypocrisie, à donner une vision complète de ses personnages et à balancer parfaitement son récit entre document réaliste et véritable thriller.

Car GRACE A DIEU prend peu à peu, sans que l’on en ait conscience, des allures de thriller. Cette subtilité supplémentaire qu’Ozon adjoint à son ‘presque’ documentaire permet de rendre le récit captivant et de renforcer la prégnance des abus racontés dans des dialogues très crus (la parole est très explicite dans le film).

Au final, GRACE A DIEU est définitivement un film essentiel car il dénonce avec force comment l’Eglise a volontairement minimiser des faits de pédophilies qu’elle aurait dû condamner depuis bien longtemps. En maintenant cette crudité factuelle de bout en bout (ah, la phrase “Grâce à Dieu, tous ces faits sont  prescrits”!) et en multipliant les points de vue, le film d’Ozon est probablement un des plus beaux hommages que l’on puisse faire aux victimes des agissements d’une Eglise qui a depuis longtemps déjà dérapé…

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