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Généalogies d’un Crime

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Généalogies D'Un Crime

Equipe:
Genre:
Date de sortie: 08/04/1997

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

A Vienne quelque temps avant la guerre, Hermine Helmut von Hug, psychanalyste pour enfants, est persuadee que son neveu age de cinq ans a des tendances homicides. Elle decide donc d'etudier l'evolution inexorable des penchants criminels de son neveu. Celui-ci commet finalement le crime tant attendu: il tue sa tante.

 

Notre critique:

Le réalisateur franco-chilien Raoul Ruiz est un homme difficile à saisir… Oscillant dans beaucoup de ses films (il en a tourné plus de 70!) entre réalisme et surréalisme, il adore brouiller les pistes en nous entraînant dans une psychanalyse et une mise en scène parfois un peu outrancières.

A l’instar de TROIS VIES ET UNE SEULE MORT ou de L’OEIL QUI MENT, GENEALOGIES D’UN CRIME trouve son point de départ dans un réalisme quotidien pour s’en évader très vite et se réfugier ensuite dans un délire onirique et psychanalytique, qui plaira à certains et énervera tous les autres.

A partir d’une (presque) banale histoire de meurtre d’une femme par son enfant adoptif, Raoul Ruiz nous embarque dans une histoire mêlant une société franco-belge (!) de psychanalyse (dont Michel Piccoli est le chef de file) et une avocate qui perd tous ses procès (Catherine Deneuve). Tout au long de l’histoire, les personnages vont jouer à un jeu dangereux: « Tu es moi et je suis toi », qui permet à Ruiz de jongler avec les changements de personnalité et de faire glisser Deneuve dans un double rôle assez intéressant.

Les intrigues et les personnages s’entrecroisent en un balai surréaliste pas toujours réussi mais avec quelques étincelles de génie. Même si GENEALOGIES… est plus réussi que TROIS VIES…, on se prend à regretter que Ruiz n’ait pas l’envergure et la maîtrise d’un Buñuel ou d’un Blier.

En tous cas si un petit détour ‘surréalistico-psy’ ne vous débecte pas, allez voir le film du père Raoul, vous ne serez pas déçus… Les autres? Abstenez vous!