Full Frontal

Full Frontal

Imaginez que vous soyez le réalisateur chouchou d’Hollywood, vos potes s’appellent Julia Roberts, Brad Pitt ou encore Georges Clooney et, depuis ces cinq dernières années, à chaque fois que votre nom apparaît sur un générique c’est le carton au box-office, la pluie de dollars assurée et les prix et statuettes en tous genres qui ne cessent de s’entasser sur les cheminées de vos nombreuses maisons de campagne. Oui mais voilà, vous en avez un peu marre de plaire à tout le monde et vous vous demandez comment tordre le cou à votre succès planétaire. Alors, histoire d’un peu vous amuser et de renouer avec vos premières amours expérimentales de jeunesse, vous décidez de vous accorder un petit film de vacances juste pour voir si vous êtes encore capable d’en réaliser.

18 jours de tournage, 2 millions de dollars et une poignée de copains stars prêts à faire du bénévolat et à se plier à dix règles strictes pendant le tournage (comme s’occuper eux-mêmes de leur habillage ou de leurs repas ou encore comble de l’horreur se passer d’un chauffeur ou d’une caravane), c’est la petite mise au vert que s’est accordée Steven Soderbergh comme d’autres s’offrent un séjour vacances à la ferme pour respirer un grand coup. Si l’idée de ce film « récréation » paraît des plus séduisante sur le papier de part son concept (24 heures dans le microcosme hollywoodien sous forme de sketchs mélangeant fiction et réalité) et sa construction (filmé en DV et caméra classique), le résultat sur l’écran n’est malheureusement pas à la hauteur de nos espérances.

Bien que l’ami Soderbergh semble trouver un malin plaisir à s’amuser à nous perdre en passant du coq à l’âne et à nous trimbaler chaotiquement d’un niveau de narration à l’autre, à force de multiplier les mises en abîme maladroites et de nous faire le coup du film dans le film lui même dans le film, son petit jeu se transforme rapidement en pur exercice de style un peu pompeux, décousu et confus. Du coup, même avec un bonne grosse volonté de tenter de comprendre et saisir les rapports qui lient cette galerie de quadras branchés et névrosés entre eux, il faut bien avouer que l’on fatigue assez vite et qu’il est difficile de ne pas perdre les pédales et même parfois de bailler un peu devant tant de bavardages insipides et trop artificiels.

Bien loin du subtil et triomphal SEXE, MENSONGES ET VIDEO ou encore de l’ingénieux et surprenant TIME CODE de Mike Figgis (qui abordait le même thème), en dehors d’une ou deux scènes assez cocasses et loufoques qui le sauvent de l’ennui, FULL FRONTAL ne restera probablement pas dans les annales de la carrière de Steven Soderbergh. Le cinéaste serait-il désormais plus à l’aise avec les contraintes des blockbusters qu’avec le cinéma expérimental de ses débuts? A suivre….

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