Freddy vs Jason
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Freddy vs Jason

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 97’
Genre:
Date de sortie: 11/11/2003

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Cela fait un bail que Freddy Krueger est enfermé en enfer et ne peut plus perpétrer de meurtres. En prenant l'apparence de la mère de Jason Voorhees, Freddy pousse ce dernier à ressusciter et à reprendre son office dans la bourgade d'Elm Street. Les meurtres sont mis sur le dos de Freddy qui recouvre peu à peu tous ses pouvoirs...

 

Notre critique:

Les plus célèbres fils spirituels de Michael Myers, Freddy et Jason s’affrontent enfin! Après 15 ans de promesses, ce qu’on a longtemps fantasmé, voire considéré comme une arlésienne, a finalement pris chair sur grand écran. Ronny Yu, réalisateur bridé qui avait joyeusement dynamité le mythe Chucky dans THE BRIDE OF CHUCKY, se retrouve derrière les manettes de ce cross-over annoncé dantesque. Ça va charcler dans les chaumières…

Ce duel de croquemitaines commence comme un bon vieux slasher. Filles à fortes poitrines, fumettes en cachette et gaudriole coupable se voient toujours sanctionné sans détour par la machette d’un Jason devenu hautement symbolique. Le rythme pépère, parsemé de quelques joyeux charcutages, tente en vain de légitimer un scénar qui vaut ce qu’il vaut, pondu par deux nouveaux venus: Damian Shannon et Mark Swift. Des scribouillards visiblement coincés ou en adoration devant deux mythes du cinéma des eighties. Voilà donc un des principaux problèmes de ce rafraîchissement de licences qui sentaient la naphtaline (bon, d’accord Jason est toujours vivant, mais ça devient de la rigolade… Jason dans l’espaaaaaaace!). On s’encombre donc d’une histoire qui nous refait du placement de personnages alors que les vrais stars sont les monstres et que l’on attend rageusement le choc prédit. Ce télescopage arrive en fin de parcours, après que quelques petits étourdis aient entrecoupé la route de nos deux lascars. Les deux immortels se clashent dessus à coups de machettes, de gants acérés, de bonbonne d’hélium, de tuyaux… et de kick-boxing (Yu ne peut quand même pas renier ses origines!). Si tout cela a de quoi vous donnez le sang à la bouche, tempérez vos ardeurs bande de dégénérés!

Mis en boîte sans autre imagination que celle des scénaristes, l’absence totale de folie d’un Yu, d’habitude beaucoup plus allumé, fait cruellement défaut! Prenant un peu trop le parti d’un Freddy envahissant au détriment d’un Jason monolithique mais efficace, le réalisateur laisse champ libre à un Robert Englund trop content de renfiler la dégaine poisseuse d’un Freddy revanchard. Cadré avec les coudes, les séquences d’action sont d’un statisme désolant. Reste quelques giclées de sang graphiquement impressionnantes… Mais pas de quoi martyrisé votre poisson rouge!

Si Sean Cunnigham (réalisateur du premier Jason) et Wes Craven (réalisateur du premier Freddy) avaient démarré leur route ensemble avec un monument du film pas bien dans la cafetière (LAST HOUSE ON THE LEFT), ces ex-trublions regardent avec distance leurs enfants se battre… pour quelques dollars de plus… Nous aussi! Triste constat…