Freaky Friday
Accueil CritiquesFreaky Friday

Freaky Friday

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 96′
Genre:
Date de sortie: 16/12/2003

Cotation:

2 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Anna a 15 ans et les éternels problèmes d’ado rebelle qui vont avec: bref, en vrac et dans le désordre, elle en pince pour un beau blond au collège que ses fausses copines essayent de lui chiper, son petit frère l’exaspère, un prof la saque et surtout sa mère psy et débordée, ne comprend rien à rien à ses tenues vestimentaires et à sa musique. Comble de l’horreur, cette dernière, veuve mais sur le point de se remarier, a décidé d’organiser une soirée pour annoncer l’événement, le jour où Anna devait avoir une audition avec son groupe de rock. Comme un malheur n’arrive jamais seul, le jour en question, en se réveillant, mère et fille s’aperçoivent qu’on leur a jeté un sort. Anna se retrouve dans le corps de sa mère et vice versa.

 

Notre critique:

L’hémoglobine a coulé sous les ponts depuis l’époque où Jamie Lee Curtis portait bien haut sur la tête sa couronne de « Scream Queen » et s’affichait toutes jambes dehors. Depuis bien décidée à tordre le coup à cette image qui n’a cessé de lui coller à la peau, la dame s’est essayée à un peu tout et parfois n’importe quoi quitte à nous faire une petite rechute dans le slasher movie il n’y pas si longtemps. Ayant désormais franchi le cap de la quarantaine, l’actrice qui préfère désormais se consacrer à l’écriture de contes pour enfants, n’a pourtant ici pas dérogé à la bonne vieille règle hollywoodienne qui veut que passé un certain âge vous êtes tout juste bonne à endosser les rôles de mère de famille. Coupant l’herbe sous le pied à Annette Bening à qui le personnage était initialement destiné, la voici donc de retour à l’affiche dans cette production Disney qu’elle tente désespérément de sauver de l’étiquetage au rayon navets, grâce à sa bonne humeur et à son regard pétillant.

Remake dépoussiéré d’une gentille comédie des années 70 déjà produite par la maison de Mickey et dont Jodie Foster ne tient probablement pas à se souvenir (elle y jouait le rôle de la fille), FREAKY FRIDAY nous ressert donc le thème vieux comme le monde du conflit entre parents et enfants sur lequel vient se greffer celui tout aussi réchauffé du changement de personnalité. Au programme des réjouissances donc, rien de bien nouveau: les couplets « ma mère ne déteste et personne ne me comprend » de fifille et « ma vie est un enfer et ma fille une extra-terrestre » de sa génitrice; le coup du changement de corps pour enchaîner sur le refrain bateau « pour se comprendre et apprendre à mieux se connaître quoi de mieux que de se mettre à la place de l’autre »; le tout sur fond de décibels façon MTV destinés à cibler le public. Bref rien ne nous est épargné et surtout pas le discours moralisateur sur les sacro-saintes valeurs familiales made in USA qui couronnent le tout entre deux quiproquos téléphonés.

S’adressant en priorité à un jeune public, FREAKY FRIDAY n’est rien d’autre qu’un pur produit de studio parfaitement huilé qui caresse dans le sens du poil ses spectateurs pour faire fonctionner une fois encore la machine à billets verts. Si on a rien contre les films légers et drôles qui ne donnent pas mal à la tête, encore faut-il que ceux-ci soient originaux, intelligents et surtout fait dans une logique cinématographique et non de marketing.