FRANKENSTEIN
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Frankenstein

par Eric Van Cutsem

Cotation:

5 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Prélude. Extrême Nord 1857. Un navire est bloqué dans les glaces. Le capitaine fait face à ses hommes qui commencent à se révolter.

 

Notre critique:

Clairement, un des gros morceaux du Festival de Venise même si c’est un film de genre. On sait à quel point Guillermo del Toro (LABYRINTHE DE PAN, HELLBOY) est méticuleux et aime soigner ses films de bout en bout.

On attendait donc avec impatience ce morceau de choix, énième adaptation du roman de Mary Shelley sur le grand écran, d’autant que c’est une des histoires favorites du réalisateur, et l’on n’a pas été déçu.

Présenté à Venise en 2025 sous la bannière Netflix (il est disponible sur la plateforme de streaming), FRANKENSTEIN fait pourtant honneur au grand écran et l’on a quelques difficultés avoir comment une télé pourrait lui rendre toute sa force. La mise en scène est somptueuse, les décors le sont tout autant (le soin accordé aux détails dans les décors, les machines, les costumes est incroyable) et le récit a été modernisé juste ce qu’il faut pour qu’il plaise au public plus jeune du 21e siècle.

D’abord vu comme une trilogie par le réalisateur (trilogie sur les 3 personnages principaux: la créature, Victor et le capitaine du bateau), le film a finalement été conçu comme un seul long métrage de 2h30 minutes divisé en 2 chapitres, en fait 2 points de vue, celui de Victor et celui de la créature.

Le film est flamboyant, romantique et gothique comme il se doit: par la musique, par les couleurs, par la volonté de faire de Victor Frankenstein une sorte scientifique rockstar se prenant pour Dieu et ne voyant jamais sa créature comme un humain, par le fait que la créature relève presque d’une sorte de super-héros (le look a été inspiré des illustrations de Bernie Wrightson qui a travaillé sur des personnages de DC), par des personnages qui transcendent leur humanité pour devenir soit des monstres, soit des anges et enfin par un scénario entre fidélité au roman et modernisation douce.

Le casting, sans être un trois étoiles, est d’une grande qualité: Oscar Isaac (EX MACHINA, DUNE) dans le rôle de Victor se la joue grandiose, à moitié fou dans la totalité du film, Mia Goth (X, MAXXXINE, SUSPIRIA) est tout en douceur, ange parmi les démons, Christophe Waltz (MOURIR PEUT ATTENDRE, SPECTRE) est égal à lui-même dans son rôle d’industriel malade tandis que Jacob Elordi (PRISCILLA) compose une créature qui n’a rien à envier à un certain Golum.

Bien sûr, comme tous les films de genre, son accès à des prix renommés dans les Festivals sera complexe. Mais finalement qui peut mieux réussir ce pari que celui qui a eu 2 Oscar pour THE SHAPE OF WATER en 2018?!

 

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