Titre français : L'Envolée Sauvage
Equipe:
Durée : 110′
Genre:
Date de sortie: 24/06/1997
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Après la mort accidentelle de sa mère, la petite Amy (Anna Paquin) retourne vivre chez son père (Jeff Daniels), qu’elle n’a plus vu depuis des années. L’homme, un yéyé chevelu et timide, mi-artiste, mi-inventeur, mène une vie de bohème au fin fond de la forêt canadienne. Dépressive face à son père qu’elle considère comme un doux dingue, Amy ne trouve de l’affection qu’auprès d’une quinzaine d’oies abandonnées qui l’ont choisie comme mère (1). Seulement voilà: il faut bien que quelqu’un apprenne à ces volatiles orphelins comment migrer annuellement vers le Sud. Pour reconquérir le coeur de sa fille, Papa décide alors de lui apprendre à piloter un ULM pour qu’ensemble, ils les emmènent vers des lieux plus ensoleillés.
Notre critique:
Apparemment, FLY AWAY HOME n’est qu’un film familial, plein de zanimos mignons et de sentiments bons comme le pain. On conçoit souvent le genre mielleux, convenu, schématique. D’où méfiance. Et bien pas du tout. Dès la séquence d’ouverture (un violent accident de voiture, montré à travers le regard de la jeune passagère, illustré par une discrète musique sentimentale), on balaye l’imagerie traditionnelle. Le réalisateur Caroll Ballard introduit quelque chose de rare dans le genre: la profondeur sentimentale, la vraie.
Car, s’il se consacre à dépeindre avec exactitude la vie des oies, il n’en oublie pas pour autant la psychologie des personnages (vilaine habitude du genre, qui traite toujours mieux les animaux que les hommes). L’incommunicabilité entre le père irresponsable et sa fille dépressive est tragiquement palpable; leur redécouverte mutuelle n’en est que plus sensible. Sa réalisation subtile met parfaitement en valeur les compositions d’Anna Paquin (la petite fille de THE PIANO, qui confirme ses qualités de cyclone d’émotions) et de Jeff Daniels (excellent acteur de LA ROSE POURPRE DU CAIRE qui gâche malheureusement son talent dans des bêtises comme DUMB AND DUMBER). FLY AWAY HOME est bien l’histoire d’une famille brisée, bien plus que celle de quinze oies abandonnées.
Même si son final est plus conventionnel (en emmenant les oies dans le Sud, les héros déjouent miraculeusement les mauvais plans de méchants promoteurs immobiliers), FLY AWAY HOME garde dans son ensemble cette justesse de ton qui fait tout son charme. Et puis les séquences aériennes sont tellement belles…
(1)C’est le phénomène d’ »empreinte » qui veut que les oisons identifient comme étant leur mère la première créature mouvante qu’ils aperçoivent à leur sortie de l’oeuf. Tout va bien lorsqu’il s’agit d’une oie… Mais on peut s’amuser à les faire naître près d’un homme, d’une chèvre ou même près d’un jouet mécanique couvert de peluche: ils persisteront à le suivre docilement dans tous ses déplacements, et attendront de lui qu’il leur enseigne tout (se nourrir, nager, migrer).