Eve's Bayou
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Eve’s Bayou

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Eve's Bayou

Equipe:
Genre:
Date de sortie: 19/05/1998

Cotation:

3/ 6

Si vous avez manqué le début:

Au travers des yeux d'une jeune fille de 10 ans, Kasi Lemmons (actrice vue dans HARD TARGET, ici scénariste et réalisatrice) dépeint la vie dissolue d'une famille noire dans le pays de Tennessee Williams.

A la tête du clan Batiste se dresse le patriarche Louis, médecin plutôt connu pour arranger toutes sortes d'affaires, excepté les problèmes de son proche entourage. Roz, sa femme, est une beauté créole, mère au foyer. Un soir, une de ses filles âgée de 10 ans, Eve, surprend son père en fâcheuse posture avec une amie de sa mère. Traumatisée, Eve essaie de garder un secret beaucoup trop lourd. Mais à force de trop vouloir protéger son géniteur, elle finira par acidentellement le tuer.

 

Notre critique:

Bon, les mélos familiaux, on aime ou on n’aime pas. Si celui-ci est 100% black, son contenu n’en est pourtant pas moins universel : amour, maîtresse et meurtre… A l’instar de A 1000 ACRES, EVE’S BAYOU peu se targuer d’avoir de quoi ameuter un public friand du genre.

Ce portrait inhabituel et rafraîssant, même si dramatique, est soutenu par la jeune Jurnee Smollett (vue dans JACK, avec Robin Williams). A ses côtés, et dans le rôle de son père, médecin réputé, charmeur et suave, Samuel L.Jackson fait des étincelles. Il campe sobrement cet homme dont l’égo n’est nourri que par les femmes. Celles-ci sont d’ailleurs très présentes. Lynn Whitfield (la mère) et Debbie Morgan se donnent le change dans une relation sororale propre à envoûter le public.

Les détails relatifs à l’enfance, la culture créole, le vaudou et la profondeur d’une histoire de famille ne suffisent malheureusement pas à concrétiser tous les espoirs permis. Aucun suspens n’est entretenu, puisque la mort du père est annoncée dès les premières minutes. Le choix d’une construction linéaire, aux dépends d’une reconstitution conduisant à une gradation émotionelle, aurait suffi à entretenir l’intérêt suscité par cette chronique des années soixante. Dommage.