Event Horizon
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Event Horizon

par Christophe Bruynix
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 95’
Genre:
Date de sortie: 05/05/1998

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Sept ans aprés sa disparition, le croiseur stellaire Event Horizon réapparaît aux frontières du système solaire. L'équipe de récupération découvre un vaisseau-fantôme où rôde une présence maléfique. Et le carnage commence...

 

Notre critique:

Pour son deuxième film, Paul Anderson (MORTAL KOMBAT) n’hésite pas à se servir allègrement dans tous les plats. Une cuillère de TROU NOIR, 500 grammes de HELLRAISER, un soupçon d’ALIEN, une pincée de MAISON DU DIABLE et une solide rasade de SHINING pour faire mariner le tout. Servi saignant, bien entendu.

Ostensiblement référentiel, EVENT HORIZON surprend pourtant. Car il crée un genre hybride, qu’on pourrait qualifier « d’épouvante d’anticipation » ou de « SF gothique », mélange détonnant de la science-fiction la plus moderne (plis dans l’espace-temps, voyages interstellaires) et de l’horreur la plus ancienne (satanisme ancestral, porte vers l’Enfer,…). Comme en témoignent les décors, architecture médiévale relookée hi-tech, et le « coeur » du vaisseau en particulier, inquiétante boule hérissée de pointes, à la fois détonateur à antimatière et instrument de torture digne de l’Inquisition. Un élément fait le lien entre les deux genres d’apparence incompatibles: la terreur.

Côté terreur, Paul Anderson y va franchement. A la trononneuse. Pour lui horreur = barbaque. Et il ne se prive pas de balancer de fortes giclures sanglantes à la figure du spectateur tous les quarts d’heure. Et en jouant avec l’apesanteur en plus… Au lieu d’approfondir certaines scènes au potentiel psychologique, il se contente du minimum syndical de bla-bla qu’il coupe court par d’appétissants effets gore martelés de gros sons paniquants.

On se dit parfois qu’il y a des moyens plus subtils d’aborder l’horreur: tempo lancinant, litote, suggestion… Mais il faut reconnaître qu’EVENT HORIZON fonctionne de manière redoutable grâce justement à ses excès. Clairement, il flanque une trouille d’enfer. Si bien qu’il a réussi à mettre mal à l’aise les vieux routards du gore de Cinopsis. Et ce n’est pas peu dire…