Escobar : Paradise Lost

Escobar : Paradise Lost

Pour son premier film derrière la caméra, l’acteur italien Andrea Di Stefano n’a pas choisi un sujet facile et encore moins un rôle principal qui favorise l’empathie. Car en se trounant vers le célèbre baron de la drogue colombien comme figure emblématique de son film, Di Stefano prend le risque de repousser le spectateur.
Mais au lieu de faire le film du point de vue d’Escobar, le réalisateur/scénariste oriente intelligemment son film sur le point de vue de Nick, un canadien décidé à s’établir en Colombie avec son frère, et qui tombe amoureux de Maria, la nièce d’Escobar. Cette façon de pénétrer dans l’intimité du baron de la drogue et le jeu complètement habité de Benicio Del Toro dans le rôle d’Escobar relancent l’intérêt du film par rapport à un simple biopic d’un trafiquant, fut-il notoire.
Cependant, et malgré cela, Di Stefano manque de maturité dans sa mise en scène et finit par manquer de peu un sujet qui aurait pu être intéressant: la dualité d’un Escobar adulé par une certaine partie du peuple et d’un Escobar meurtrier sanguinaire, froid et calculateur.
Et il faut bien dire aussi que l’écrasante prestation de Benicio Del Toro laisse peu de place aux autres interprètes qui, même si ils jouent plutôt bien, font pâle figure. Cela étant, c’est bien cette prestation étonnante qui vaut à coup sûr le déplacement en salles obscures.

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