Emmanuelle
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Emmanuelle

par Eric Van Cutsem

Equipe: Audrey Diwan, Isabella Wei, Jamie Campbell Bower, Naomi Watts, Noémie Merlant
Durée : 117′
Genre: Drame érotique
Date de sortie: 25/09/2024

Cotation:

2 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Une femme se passe du baume à lèvres en première classe d’un avion. Derrière elle, un homme l’observe…

 

Notre critique:

C’est en 1977 que sortait EMMANUELLE de Just Jaeckin basé sur le livre d’Emmanuelle Arsan avec Sylvia Kristel dans le rôle principal. 9 ans après mai 68, un vent de liberté sexuelle soufflait toujours sur la société, et le film surfait alors sur cette vague proposant un film érotique classé X qui fut un des seuls distribué par une major aux Etats-Unis. Osé pour l’époque, le film avait une proposition érotique réelle qui a enthousiasmé le public féminin dans cette fin des années 70.

37 ans plus tard et après de (très) nombreuses déclinaisons des aventures d’Emmanuelle, Audrey Diwan, réalisatrice de l’excellent L’EVENEMENT propose une nouvelle EMMANUELLE avec l’aide de la scénariste Rebecca Zlotowski.

Est-ce un remake comme certains l’affichent? Ce serait plutôt une suite car la jeune femme épouse de diplomate n’est plus cette jeune oie blanche à la découverte des plaisirs sexuels, elle est devenue une femme qui ne profite plus des plaisirs mais qui en jouit et qui cherche à retrouver une certaine fraicheur dans sa sexualité.

Mais alors que l’on est au 21e siècle, près de 40 ans plus tard, il semble qu’au temps du porno disponible en libre service, en pleine ère #metoo et de têtes qui tombent dans le monde du cinéma, l’érotisme ne soit plus qu’une idée du passé, quelque chose que l’on ne sait plus distiller en 2024. Il semble qu’une couche de puritanisme à outrance soit passé par là ou que l’on ait oublié que l’érotisme passe aussi par l’émotion.

Et même si Noémie Merlant (PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU) compose une Emmanuelle plus qu’honorable tant dans ses nuances de jeu que dans son charme naturel, EMANUELLE ne suscite que peu d’émotion tant la froideur des lieux et le métier de contrôle de qualité dans des hôtels de luxe de la nouvelle Emmanuelle gèle toute tentative érotique, transformant celles-ci (peu nombreuses par ailleurs) en une chose froide et sans vie.

C’est plutôt dommage car il y avait sans doute beaucoup de choses à mettre dans ce nouveau récit: l’évolution de la sexualité des femmes par exemple, ou encore montrer comment la notion de féminité a changé ainsi que le rapport aux hommes. Ici, rien de tout ça, juste une belle coquille un peu vide et froide…

 

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