El Espinazo del Diablo

El Espinazo del Diablo

Guillermo Del Toro fait partie de ces réalisateurs qui ont retenu notre attention par cette qualité rare qu’ils ont de marquer l’esprit du spectateur alors même que les scénarios qu’on leur a mis dans les pattes sont plutôt bateaux. De CRONOS à BLADE 2 en passant par MIMIC (ne cherchez pas d’autres longs métrages à son actif, il n’y en pas, encore), Del Toro impose un sens visuel qui dépasse l’esbrouffe pour construire un univers au service de l’histoire et des personnages. Cerise sur le gateau, notre homme se révèle être un excellent directeur d’acteurs.
Les différentes qualités évoquées se retrouvent à l’évidence dans ce DEVIL’S BACKBONE (réalisé avant BLADE 2) qui est son film le plus personnel, voire son premier film personnel. Le réalisateur, mexicain d’origine, y montre des préoccupations qui embrassent des dimensions politiques et psychologiques souvent passionnantes. Film initiatique sur le passage de l’enfance à l’age adulte et sur la perte de l’innocence, film désespérant sur la destructrice cupidité humaine, film politique sur l’infernale nécessité du choix, film lucide sur l’ambivalence de certains sentiments (notamment le sentiment amoureux), THE DEVIL’S BACKBONE est un film dense qui autorise de multiples lectures. L’aspect fantastique et baroque de la réalisation est dans la lignée d’une manière bien hispanique de présenter les choses qui de l’Amérique Latine à la péninsule ibérique est comme une marque de fabrique (Jodorowsky, Buñuel, Almodovar, …) et convient merveilleusement au sujet dont Del Toro est également l’auteur.
Espérons que le succès de BLADE 2 permettra à Guillermo Del Toro de s’offrir et de nous offrir d’autres oeuvres aussi magnifiques que celle-ci à travers lesquelles il pourra exprimer toute la richesse de son talent et de ses visions du monde.

Articles associés

Love Lies Bleeding

Une affaire de principe

Drive-Away Dolls