El Club

Une maison qui accueille de vieux prêtres, une sorte de maison de retraite calme où l’on se change les idées en entraînant un lévrier à la course. Anodin et plutôt banal pourrait-on se dire… Sauf que les charmants vieux prêtres qui se trouvent dans cette maison isolée dans un bled du Chili le long de la côte sont tous des « invertis », des pédophiles et des rebuts de l’Eglise selon les critères de cette même Eglise.

Et d’anodin, voici que EL CLUB tourne au règlement de compte contre l’Eglise. Presque sans paroles, le nouveau film de Pablo Larrain, à qui l’on doit le très politique NO avec Gael García Bernal, attaque l’Eglise presque de front dans cette fable sophistiquée qui, en mettant en scène des rebuts de l’Eglise et en les confrontant avec leur hiérarchie, enfonce avec subtilité le couteau critique dans une plaie béante, celle d’une Eglise qui ferme les yeux sur beaucoup de choses.

Au-delà de la brillante interprétation et d’un humour très noir, avec un décalage presque cliniquement mis en scène, EL CLUB est un pamphlet sans équivoque distillant un suspens qui renforce la portée politique du propos.

Seule ombre au tableau, on peut se demander ce qui a poussé le réalisateur et son directeur de la photo à utiliser une sorte de filtre rendant l’image légèrement brumeuse et blanchâtre, cela n’apporte rien à l’ensemble, au contraire…

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