Eisenstein in Guanajuato
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Eisenstein in Guanajuato

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Que Viva Eisenstein

Equipe: Elmer Bäck, Peter Greenaway, Sergei Eisenstein
Durée : 105’
Genre: Biographie
Date de sortie: 07/07/2015

Cotation:

3/ 6

Si vous avez manqué le début:

En 1931, Sergei Eisenstein, cinéaste russe mondialement reconnu après seulement trois films, se rend au Mexique pour préparer son nouveau film QUE VIVA MEXICO!...

 

Notre critique:

Fasciné par la peinture (il a d’abord été peintre avant de faire du cinéma) et par les grands artistes, habile à mettre en scène le destin de grands noms de l’art (Rembrandt dans NIGHTWATCHING, Goltzius dans GOLTZIUS AND THE PEILCAN COMPANY, etc), Peter Greenaway a toute l’extravagance qu’il faut pour dépeindre un instantané de la vie d’un personnage aussi grandiose que Sergei Eisenstein.

Commençant dans l’excès façon Greenaway et dans une mise en scène très inventive, EISENSTEIN IN GUANAJUATO tente donc de décrypter le personnage d’Eisenstein sans commettre d’hagiographie pour autant. Que du contraire d’ailleurs, puisque Greenaway va nous démonter les doutes, la flamboyance aussi, ou encore l’absurdité du personnage et sa sexualité plutôt débridée pendant tout le film… tout cela magnifiquement interprété par un jeune acteur finlandais à suivre, Elmer Bäck, dont l’extravagance et l’impudeur apparente colle parfaitement au sujet.

Sans jamais vraiment montrer les choses, car c’est surtout par la parole et le maniérisme de la mise en scène que Peter Greenaway va nous faire rentrer dans le monde du réalisateur russe, le film va passer tour à tour d’un dynamisme très prenant à un côté très bavard, multipliant les monologues et les longs dialogues, et jouant sur des tics de mise en scènes et des mouvements de caméra répétitifs qui finissent par fatiguer plus qu’ils ne captivent.

Et c’est en cela que Greenaway finit par lasser son spectateur, ne rendant plus vraiment hommage à Eisenstein mais desservant pour finir son sujet, tant et si bien qu’au final, le destin de Sergei Eisenstein présente beaucoup moins d’intérêt qu’au début du film. Dommage…