Dreamgirls

Dreamgirls

Le réalisateur de DREAMGIRLS, Bill Condon, aime varier les plaisirs: après le film d’horreur (CANDYMAN II), la biographie (GODS AND MONSTERS, KINSEY), le voici qui se lance carrément dans la comédie musicale…

Mais comme dans chacun de ses films précédents, Condon a l’intelligence de ne pas se cantonner à un genre et les clichés qu’il véhicule. Avec DREAMGIRLS, au-delà de la comédie musicale, il s’attaque au sujet sous-jacent: la lutte raciale dans les années 60. Et même si l’on retrouve évidemment le flot de bons et de mauvais sentiments propres à ce type de film, force est de constater qu’un certain militantisme teinte en filigrane le récit qui tente de montrer à la fois les compromissions (le R&B -Rude & Black- qui se doit de devenir plus convenable pour l’oreille des petits blancs) et les révoltes (celle d’Effie qui ne veut pas brader sa voix) des protagonistes.

Côté interprétation, après quelques apparitions de-ci de-là (AUSTIN POWERS, THE PINK PANTHER), la diva Beyoncé Knowles aurait-elle trouvé là un de ces premiers vrais rôles? Oui et non… Si elle fait preuve de qualités d’actrice indéniables, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre Deena Jones, son personnage, utilisé comme produit plus pour son corps splendide et son côté afro-américaine (mais pas trop) que pour sa voix, et Beyoncé, superbe, utilisée comme star musicale pour aller à la pêche aux ados plutôt que pour ses immenses qualités de comédienne…

Mais que les amateurs de comédie musicale se réjouissent, les numéros chantés sont (trop) nombreux, le spectacle est à la hauteur et les voix sont au rendez-vous (particulièrement celle de Jennifer Hudson) tandis que Jamie Foxx et Eddie Murphy (plus que « tapé » en Jimmy Early!) assurent sans problème une interprétation impeccable.

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