Dracula: Dead and Loving It

Dracula: Dead and Loving It

Nième parodie de Mel Brooks, DRACULA s’attaque cette fois aux classiques du film de vampire. Argument commercial : les références les plus visibles viennent du récent opus de Coppola – il faut attirer le jeune public. Mais les puristes auront remarqué que c’est surtout la grande période Hammer qui est visée par la batterie de gags lourds du célèbre comique.

Même si l’intention de Mel Brooks a toujours été louable -faire revivre les grands classiques par l’humour- ses derniers films laissent surtout un sentiment de tristesse. A l’instar du ROBIN HOOD, MEN IN TIGHTS, DRACULA est mou, lent, répétitif. La mise en scène est curieusement indigente (on frôle le sitcom victorien) et le casting aberrant (Leslie Nielsen en vampire improbable dégage l’énergie d’une chenille). On est amer devant la déchéance du réalisateur, autrefois grand maître de la poilade parodique. Mais il faut se rendre à l’évidence : son YOUNG FRANKENSTEIN date d’il y a plus de vingt ans. Papy Brooks a méchamment vieilli.

Mais il ne faut pas tout jeter. Il y a encore quelques bon gags (l’excellent slow burn gore dans la crypte ou les hypnoses foireuses), rares et d’autant plus précieux. Surtout que le film baigne dans la nostalgie douce des débuts du cinéma parlant. La lenteur et la simplicité donnent l’impression d’un manifeste pour ce cinéma d’une autre époque, plus humain, où on n’empilait pas frénétiquement les gags indigestes pour court-circuiter le jugement du spectateur- façon ZAZ dernière mouture. Une étrange forme de contestation qui rend ce DRACULA raté curieusement sympathique.

Articles associés

Love Lies Bleeding

Une affaire de principe

Drive-Away Dolls