Des hommes et des dieux

Des hommes et des dieux

Prétexte à aborder la foi, son questionnement et ses extrémismes, le fait divers utilisé par Xavier Beauvois dans son nouveau film reste jusqu’au bout du récit une toile de fond sans autre but que celui d’illustrer les combats et les victoires d’une communauté chrétienne établie au milieu d’un pays musulman.
Si la force de Beauvois (LE PETIT LIEUTENANT) repose sur la lente distillation du le placement de ses personnages dans leur milieu et sur l’utilisation d’une caméra statique pour tendre vers un certain réalisme, c’est aussi ce qui constitue la vraie faiblesse du film. En effet, le réalisateur multiplie les plans de prières, favorise les silences et les plans fixes au détriment d’une étude plus critique ou d’une approche plus politique et religieuse de l’événement qu’il effleure à peine.
Bien sûr, ses interprètes sont excellents (particulièrement Lonsdale en moine médecin vieillissant) mais on aurait aimé les voir user de leurs talents à défendre une réelle trame et pas se contenter d’illustrer des litanies (dans tous les sens du terme). Dommage car cela laisse le goût d’une semi-réussite bien plus que d’un film tout à fait prenant…

Articles associés

Twisters

Longlegs

Fremont