Accueil Critiques De Største Helte

De Største Helte

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Les Héros

Equipe:
Durée : 90’
Genre:
Date de sortie: 01/05/2001

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Au Danemark, Karsten et Peter, la trentaine, sont des marginaux un peu paumés. L'un est en semi-liberté conditionnelle et doit régulièrement retourner en prison pour pointer. L'autre est épileptique. Un jour, Karsten apprend qu'il est le père d'une fillette de 12 ans, Louise. Lors de leur première rencontre, le courant passe instantanément. Et il suffit que Louise lui confie que son beau-père la brutalise pour que Karsten décide, avec Peter, de l'emmener en Suède, où ils pourront ainsi retrouver deux amies qui leur tiennent à coeur, et peut-être même apercevoir un élan, le rêve de Karsten depuis toujours. Mais le beau-père de Louise se lance à leur poursuite...

 

Notre critique:

1996. Deux ans avant le manifeste du dogme écrit par Lars von Trier et le formidable FESTEN. Thomas Winterberg signe LES HEROS, un premier long métrage énergique et prometteur, un road-movie barré mais baigné de tendresse.

rn

Au départ, il y a cette rencontre improbable – mais efficace – entre deux hommes rejetés par la société et une jeune fille à la dérive. Ensuite, il y a cette fuite en avant vers une liberté absolue et artificielle, un idéal éphémère que la société « bien pensante » s’empressera d’anéantir d’une pluie de balles de fusil. Winterberg et Bo Hr.Hansen n’inventent rien (les tribulations des trois compères et surtout la scène finale ont un fameux air de déjà vu). Ils ont même une fâcheuse tendance à mélanger les genres. On passe de la comédie franche au thriller à suspense, en passant par des scènes décalées qui ne sont pas sans rappeler un certain PULP FICTION. Tout cela est un peu brouillon: c’est le principal reproche qu’on a à adresser aux deux scénaristes.
Leur force est ailleurs, dans ces portraits solides et attachants de marginaux qui prennent vie comme par miracle sous les traits de Thomas Bo Larsen (le voyou), d’Ulrich Tomsen (le malade) et de la jeune Mia Maria Black dont c’est le premier rôle. Ces trois acteurs, tout comme un grand nombre de seconds couteaux du film, se retrouveront ensuite en 1998 dans FESTEN: le réalisateur danois sait s’entourer d’un casting de choix.

rn

Côté réalisation, Winterberg tâtonne. Avec brio. Il parvient presque toujours à mettre en avant ses héros et leurs sentiments exacerbés, et si parfois il trébuche, c’est parce qu’il essaie de les magnifier plus encore, trop peut-être. En voyant ce premier film, on comprend à quel point les quelques règles du dogme ont pu libérer le danois en catalysant sa mise en scène sur l’émotion brute que, déjà ici, il parvient à saisir avec talent.

rn

LES HEROS n’est pas totalement réussi, mais il distille une chaleur sincère qui rime avec le mot liberté. Une raison suffisante pour pousser les portes battantes d’une salle de projection.