Das Experiment
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Das Experiment

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Experiment

Equipe:
Durée : 119’
Genre:
Date de sortie: 06/11/2001

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Cela commence comme un jeu au nom de la science. Le but : étudier les effets psychologiques de l’enfermement carcéral. La paye: 2000 dollars. Une vingtaine d’hommes sont enfermés durant deux semaines dans une prison. Arbitrairement, huit d’entre eux sont désignés gardiens, les douze autres prisonniers. Ces derniers doivent suivre les règles établies tandis que les gardiens doivent maintenir l’ordre. Mais donner un tant soit peu de pouvoir à un homme peut lui faire faire des choses inattendues…

 

Notre critique:

Le premier long métrage d’Oliver Hirschbiegel (il a réalisé des épisodes de Rex & Tatort) tient sa force dans son inéluctable progression et dans son côté démonstratif. Insoutenable dans son évidence et dans sa violence grandissante, THE EXPERIMENT témoigne avec une facilité déconcertante de ce que tout le monde sait : l’homme est un loup pour l’homme et il ne faut qu’un tout petit rien pour qu’il prouve son incroyable capacité à faire le (du) mal.

Certes, le projet est louable. Certes on en ressort secoué! Car si nous recelons tous une part plus ou moins grande de bestialité, un brin de réflexion s’impose. Et là, on lève le voile sur la manipulation qui a tout fait basculer. On isole le grain de sable qui a enrayé la machine et a tout désintégré. Du constat à la manipulation, il n’y a qu’un pas que franchissent avec allégresse les scénaristes de THE EXPERIMENT. Ils forcent la fiction pour la rendre plus démonstrative. Leur principal protagoniste est en effet un journaliste en manque de scoops, qui ne voyant aucun article à sensation poindre à l’horizon, entre dans le jeu, titille la patience de ses comparses gardes pour susciter quelques violentes réactions. Dès lors, l’histoire prend le pas de la violence et de son inévitable escalade! Nous sommes donc en droit de nous demander, si l’absence de ce « fouille-merde » aurait changé la donne. Si ces hommes n’auraient pas pu finir sagement cette expérience et si chérir la croyance d’une certaine humanité est si utopique que cela. Ceci n’est qu’une simple question ! Néanmoins il est dommage qu’elle surgisse alors que la limpidité du propos, sa force aurait pu naître de manière simple, sans catalyseur extérieur.

La mise en scène d’Oliver Hirschbiegel, elle, s’avère finalement efficace. Entre documentaire et observation, elle garde ses distances avec les actions et n’approuve aucun des comportements même si quelques effets renforcent les actions du journaleux et cautionnent une dérive difficile à avaler. THE EXPERIMENT reste avant tout une fiction retournante qui vaut le coup d’oeil car totalement contemporaine et assez proche de la réalité.