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Crying Freeman

par Olivier Loncin
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 100’
Genre:
Date de sortie: 16/07/1996

Cotation:

5/ 6

Si vous avez manqué le début:

Tueur hautement qualifié, le Crying Freeman est pris au milieu d'une guerre des clans yakuzas. Alors qu'il exécute un contrat, il est identifié par la belle Emu dont il tombe amoureux...

 

Notre critique:

Polar façon Hong-Kong tiré d’un manga japonais, le FREEMAN de Gans revisite avec bonheur le film de genre. La performance mérite d’autant plus d’être applaudie que le film de genre de fabrication française est une espèce en voie d’extinction. En effet, de quand date le dernier vrai polar français? De quand date le dernier vrai film de sci-fi français? De quand date le dernier vrai film d’aventure français? Ces films, de genre, qui ne s’encombrent pas de prétexte historico-littéraire façon Berry pour offrir au public un spectacle dont le but premier est de distraire ont pratiquement disparu de la production française.

Gans, s’il relève le défi de faire un film de genre, n’a cependant pas choisi la facilité puisque l’univers qu’il visite, à savoir le manga, n’est pas le plus proche de la culture européenne en général et française en particulier. Univers codé s’il en est, il risque bien de déconcerter le public par sa violence ultra-chorégraphiée et stylisée ainsi que par son romantisme naïf.

Pourtant, il est primordial de dépasser les a priori qui peuvent chatouiller nos esprits à l’évocation du manga et du cinéma de Hong-Kong car le film de Gans est une pure merveille. Aérien, violent et sensuel, CRYING FREEMAN dispose d’un indiscutable pouvoir de fascination dû tant à une mise en scène toujours inspirée qu’à un scénario peuplé de personnages très forts malgré leur relief caricatural. L’histoire de CRYING FREEMAN est une tragédie à laquelle il est doux de se laisser prendre. Film lent et emprunt de majesté, il regorge d’images épatantes de beauté aussi bien dans les scènes de combat que dans les scènes intimistes. La détermination de Gans à obtenir à chaque instant le meilleur de chaque intervenant du film transparaît à chaque image avec une insolence bienfaisante.


Sans forcer le trait, il y a du Cameron chez cet ancien rédac’ chef de Starfix. Ca fait un bien fou de constater qu’un metteur en scène français est encore capable de mener à bien un projet d’envergure sans pour autant disposer d’un budget faramineux et surtout sans faire d’autres concessions que celles que lui dictent ses envies de cinéaste. Chapeau!