Cow-boy
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Cow-boy

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 95’
Genre: Comédie dramatique
Date de sortie: 04/12/2007

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Daniel Piron, ancien chroniqueur politique et militant de gauche, est "promu" dans une émission de sécurité routière au cours de laquelle il tombe sur Sacchi. Celui-ci avait défrayé la chronique 25 ans plus tôt en détournant un car scolaire pour dénoncer les injustices sociales sur les ondes. Sacchi fut arrêté avant qu'il ne puisse accéder à l'antenne.
Piron, pour qui Sacchi est resté une icône révolutionnaire, veut retrouver les protagonistes de cette prise d'otages pour faire un film ambitieux sur l'évolution de la société. Hélas, Sacchi n'est plus le révolutionnaire d'alors. Piron doit manipuler la réalité et devient le nouveau preneur d'otages d'une reconstitution qui part en vrille...

 

Notre critique:

Après LES CONVOYEURS ATTENDENT, condensé d’humour décalé qui avait valu un rôle à la mesure de Benoit Poelvoorde, on attendait avec impatience le retour du duo des Benoît sur le grand écran. 8 ans après leur première collaboration, voici donc COWBOY, le nouveau film de Benoît Mariage.

Partant d’un fait divers qui avait défrayé la chronique en Belgique en novembre 80, une prise d’otages d’un bus scolaire par Michel Strée, un jeune homme de 21 ans qui voulait dénoncer les injustices de notre plat pays, Benoît Mariage tisse une fiction en forme de réflexion sur le métier de journaliste, de réalisateur de documentaire et sur la délicate limite entre fiction et document.

Personnage principal du film, Daniel Piron est l’exemple même du has-been qui n’a jamais été jusqu’au bout de ses idées et de ses convictions. Il pense se racheter en tournant ce documentaire mais se rend rapidement compte que son sujet, Tony Sacchi, n’est pas porteur de la vérité qu’il comptait révéler. Et la situation confinera alors au ridicule car Daniel poussera le bouchon le plus loin possible pour amener à la surface une fausse vérité.

C’est Benoît Poelvoorde, qui, décidément, se complaît toujours un peu dans ses rôles de loosers et de personnages pathétiques et tellement humains, qui interprète Daniel Piron. A ses côtés, Julie Depardieu ou Gilbert Melki font merveille donnant beaucoup au film qui, dans son ensemble, pêche par un manque de dynamisme chronique notamment à la fin lorsque Daniel se rend compte de son échec. Dommage, car l’idée de base était riche en sous-entendus et en réflexions sur notre société et les médias…