Coupez!

Coupez!

Si vous étiez au BIFFF (Brussels International Fantasy Film Festival) en 2019, vous avez certainement vu la petite perle japonaise ONE CUT OF THE DEAD (Ne coupez pas! en français) de Shin’ichirô Ueda. Visiblement Michel Hazanavicius l’a vue lui aussi puisqu’il nous propose COUPEZ! (qui devait s’appeler Z au départ mais a changé de nom du fait de la guerre en Ukraine), 5 ans après la réalisation du film japonais, un remake français avec une belle palette de comédiens bien déjantés.

Après deux OSS 117 (LE CAIRE NID D’ESPIONS et RIO NE REPOND PLUS) et THE ARTIST, on se doutait bien évidemment de l’amour du réalisateur pour l’humour décalé et la parodie. Il semblait donc tout désigné pour se lancer dans l’aventure d’un film en forme d’hommage au cinéma de série Z, ces films à petits budgets qui deviennent souvent cultes tant ils sont décalés.

Calqué sur l’original, COUPEZ! commence donc comme son grand-frère avec un film dans le film dans le film. Cette mise en abyme totale qui passait assez bien dans l’original fait long feu ici. Est-ce parce que les acteurs sont français (et qu’on les connait mieux, que l’on comprend leur délire sans passer par les sous-titres) et que leur faux mauvais jeu passe moins bien qu’avec des japonais qui en font des tonnes mais nous font rire (un décalage culturel pourrait être l’explication)? Difficile à dire, mais en tout cas la première partie du film donne envie de quitter la salle et il faut s’accrocher pour tenir, d’autant que la suite en vaut la peine.

Car la deuxième partie qui se passe en plan séquence tourne rapidement à la franche rigolade avec de belles envolées bien réussies tandis que la troisième partie qui révèle l’envers du décor finit sur une apothéose où l’on retrouve de manière intacte le plaisir de l’original.

Bien sûr les dialogues sont bien décalées et jouissifs, bien sûr Hazanavicius sait clairement tenir une caméra et ficelé un scénario, bien sûr Romain Duris, Bérénice Bejo et tous les autres sont formidables, mais on peut malgré tout, au-delà du plaisir du divertissement, se poser la question: fallait-il faire un remake de ONE CUT OF THE DEAD?

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