Chez Nous
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Chez nous

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe : André Dussollier, Guillaume Gouix, Jérôme Leroy, Lucas Belvaux, Émilie Dequenne
Durée : 117’
Genre : Drame
Date de sortie : 01/03/2017

Cotation :

5 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Alors qu’elle se rend dans la maison d’une de ses patientes, Pauline, infirmière à domicile, trouve celle-ci morte. Bouleversée par la découverte, Pauline reste toutefois professionnelle et fait rapidement le nécessaire pour qu’un médecin puisse constater le décès...

 

Notre critique:

En 10 longs métrages, le namurois Lucas Belvaux s’est taillé une belle réputation dans les milieux du cinéma faisant preuve d’un réel talent de conteur en images et démontrant son intérêt pour les personnages et les interactions complexes qu’ils peuvent entretenir (comme il le prouvait avec sa trilogie: CAVALE, UN COUPLE EPATANT, APRES LA VIE). Une de ses caractéristiques est aussi d’être capable d’exposer avec minutie des faits sans pour autant porter un jugement de valeur direct et explicite (38 TEMOINS, RAPT en sont de beaux exemples).

Avec CHEZ NOUS, on retrouve toutes les préoccupations de ce cinéaste du réel qui s’est inspiré pour l’occasion de la montée en puissance du parti d’extrême droite français, le Front National. Mélangeant diverses pratiques de ce parti fasciste, il démonte la mécanique d’embrigadement, dénonce la façon dont les idées politiques s’insinuent dans des esprits fragiles, le tout dans une mise en scène rigoureuse qui correspond à cette volonté de coller le plus près possible de la réalité politique.

Si CHEZ NOUS a déjà soulevé la colère des dirigeants du FN -et l’on se demande pourquoi puisqu’à l’époque des faits, le film n’était pas encore en salle-, le film de Belvaux n’est pas pour autant un film anti-FN (il est même probable que ses membres n’y trouvent pas grand-chose à redire), c’est avant tout un film sur la mécanique des parties populistes pour capter aussi bien de l’électorat que des sortes de marionnettes politiques à l’instar de Pauline, la naïve infirmière, interprétée par Emilie Dequenne (ROSETTA, MAMAN A TORT).

Bon, bien sûr le fait de ne pas nommer le FN dans le film ne trompera personne et Catherine Jacob  chef du parti teinte en blonde ayant des problèmes avec son père n’est pas vraiment une allusion très subtile, cependant on voit clairement dans le récit de Belvaux la volonté de parler de toutes les extrêmes droites (le parti se nomme Le Bloc, référence au parti belge flamand d’extrême-droite) pour montrer qu’il n’est pas toujours simple de comprendre pourquoi les peuples en sont arrivés là.

 

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