Chacun cherche son chat
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Chacun cherche son chat

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe: Cédric Klapisch, Garance Clavel, Renée Le Calm, Zinedine Soualem
Durée : 95’
Genre: Comédie romantique
Date de sortie: 23/04/1996

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Chloe confie son chat Grigri à Madame Renée pendant qu'elle part en vacances. A son retour, Madame Renée ne remet plus la main sur Grigri. Et Chloé part à sa recherche à travers tout le quartier.

 

Notre critique:

Et voici encore un film français qui mérite le détour en salle

Après ses deux longs-métrages, RIENS DU TOUT et LE PÉRIL JEUNE, Cédric Klapisch nous revient plus en verve que jamais avec un film où l’écriture directe a été le maître-mot du scénario. Écrit en effet au jour le jour, en fonction de l’évolution du quartier de la Bastille (où a été tourné le film) et des rencontres des habitants de ce quartier, CHACUN CHERCHE SON CHAT repose entièrement sur la fusion entre les acteurs, les habitants, le quartier et une trame simple: la recherche d’un chat.

Cette méthode d’écriture directe aurait pu donner un film complètement décousu. Mais grâce à l’enthousiasme de tous les participants, grâce à la qualité de l’interprétation, la sauce prend et prend même bien donnant un film quelque peu kitsch mais au ton personnel.

Si Chloé (Garance Clavel) cherche son chat, elle cherche aussi désespérément l’homme de sa vie. Si Djamel (Zinedine Soualem) cherche le chat de Chloé, c’est parce qu’il cherche le contact avec les autres. Si Renée (Renée Le Calm) et ses copines du troisième âge aident tant bien que mal Chloé, c’est parce que leur quête de communication est la plus forte. Toutes ces tranches de vie, ces histoires de voisinage s’entrecroisent, se bousculent, se percutent avec bonheur et plaisir.

Tout le monde cependant n’aimera pas cette forme de cinéma de rue, de documentaire-fiction qui colle à la réalité sans en être, qui agace par sa volontaire maladresse mais il faut reconnaître à Klapisch une parfaite maîtrise technique et humaine. Par petites touches innocentes, il nous met en garde avec malice à la fois contre le péril parisien (les démolitions du quartier sont impressionnantes), le péril vieux (le troisième âge y est décrit avec un humour féroce) et le péril jeune (une jeunesse sans but aux prises des amours tumultueuses).