Equipe:
Durée : 98′
Genre:
Date de sortie: 16/09/2003
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Automne 1989, alors que les pavés du mur de Berlin vacillent, dans une base américaine en Allemagne de lOuest, le soldat Ray Elwood trompe son ennui en sadonnant à diverses activités douteuses et pas franchement légales. Marché noir, trafic darmes, fabrication et commerce de drogue, font partie de ses activités quotidiennes pour lesquelles il nhésite pas à prendre de gros risques sous le regard aveugle et naïf de ses supérieurs dont notamment le colonel Berman qui ignore aussi quil entretient une liaison avec sa femme. Mais larrivée subite dans le camp du coriace sergent Lee, un vétéran du Vietnam, va rapidement bousculer les plans de Ray qui était sur le point de conclure une lucrative affaire. Bien décidé à rétablir lordre, Lee va rapidement prendre Ray en grippe et lui coller un enquête interne sur le dos. Ce dernier pour se venger, ne trouve pas mieux que de sortir avec sa fille par pure provocation. Le conflit entre les deux hommes ne tarde pas à dégénérer et à tourner à la guerre ouverte.
Notre critique:
Mais à quoi donc peut bien occuper ses journées, un brave et vaillant petit soldat américain bien loin de son « home sweet home » lorsquil ny a pas lombre dune bonne guerre à se mettre sous les rangers, ni une grenade ou un bazooka pour occuper ses dix doigts. A cette question pas complètement idiote et bizarrement pas si éloignée de lactualité, en 1993 Robert OConnor offrait une ébauche de réponse dans son roman BUFFALO SOLDIERS (un titre qui se réfère aux soldats afro-américains qui ont servit pendant la guerre de Sécession) qui se basait sur les témoignages de plusieurs GIs et dépeignait les agissements pas très reluisants et les magouilles en tous genres de ceux-ci dans lAllemagne de laprès guerre froide. Sinspirant de ce livre pas des plus politiquement correct, le très australien Gregor Jordan a donc choisi de mettre les pieds dans la gamelle du monde honnête, loyal et droit de la valeureuse et grande armée Yankee.
Loin de lhéroïsme et de la propagande quon aurait un peu trop tendance à nous claironner sur tous les tons ces derniers temps, son film dépeint la vie dun camp militaire en plein désoeuvrement avec ses gangs, son racisme, sa bêtise, ses abus et sa corruption. Après avoir été présenté au Festival de Toronto en 2001, il a été longtemps enfoui dans les cartons des distributeurs pour éviter des froisser les susceptibilités patriotiques suite aux évènements du 11 septembre et de ses « glorieuses » suites. Du coup, face à de tels arguments, on ne peut alors quavoir leau à la bouche de la sortie de cette comédie subversive et « poil à gratter » qui pour une fois risque de nous changer des habituels films racoleurs sur le sujet.
Bien que dans la tradition de classiques antimilitaristes comme M.A.S.H, DE LOR POUR LES BRAVES à lhumour incisif et cynique, ou plus récemment LES ROIS DU DESERT, BUFFALO SOLDIERS possède malheureusement un je-ne-sais-quoi dédulcoré qui rend le tout beaucoup moins percutant et plus conventionnel que ses illustres aînés. Si certaines scènes grosses comme un régiment de blindés dans un jardin denfants ont quelque peu tendance à rendre lhistoire pas vraiment crédible, cest surtout la succession de changements de tons abrupts, et pas toujours compatibles, qui amoindrissent beaucoup limpact satirique quon aurait aimé plus affiné et poussé. Jonglant entre farce, drame, romance, humour, action ou même policier, Gregor Jordan signe ici un film trop bâtard pour nous convaincre et nous séduire complètement. Si il a le mérite doser provoquer et de ne pas tomber dans la petite note moralisatrice, BUFFALO SOLDIERS ressemble plus à une arme légère de petit calibre quà une artillerie lourde bourrée de munitions.
