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Brigands, Chapitre V I I

Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 129′
Genre:
Date de sortie: 16/09/1997

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

A différentes époques du royaume, Vano est roi, puis commissaire du peuple puis vagabond…

 

Notre critique:

D’aucuns considèrent Otar Iosseliani comme le Fellini géorgien, nous on se pose des questions face à un film sonore et pas toujours très parlant où l’on se perd dans un abus de non-dits et une trame peu évidente à suivre.

Prix du jury au festival de Venise de 1996, ce film met en scène les mêmes acteurs dans différentes époques, incarnant divers personnages. Par ce biais, le réalisateur a voulu mettre en évidence le fait que tout ce que nous vivons aujourd’hui existait déjà auparavant et depuis longtemps.

Présenté comme un film optimiste, il démontre que la période actuelle n’est pas spécifiquement noire. La barbarie au travers des siècles sert de toile de fond au film. De la Renaissance et ses séances d’inquisition au Paris de nos jours où se vautrent dans le luxe des profiteurs georgiens et russes enrichis grâce au trafic d’armes, en passant par la révolution russe et des vagabonds essuyant des tirs de snipers à Sarajevo… il jongle avec les époques comme avec les acteurs.

Otar découpe son film sans se soucier du qu’en dira-t-on. Il passe d’une scène à l’autre, y retourne, fait un bond en avant pour achever ses tranches de vies toutes articulées autour d’un même thème: pouvoir rire des saloperies qui nous entourent tout en gardant une lueur d’espoir dans nos coeurs. Ses acteurs passent du rôle de salaud notoire à celui de clodo anonyme ou de femme de sultan à celui de secrétaire de mafieux. L’orchestration déstabilisante de Iosseliani fera perdre le fil à bien des spectateurs de même que son humour. De prime abord peu ou pas accessible, on se devra de vouloir, à défaut de pouvoir, aller le chercher. Cette démarche du spectateur ne sera pas souvent récompensée tant le décalage culturel se fait sentir.

Cette fiction sur les années soviétiques et ce qu’il en résulte est loin d’être inintéressante, le tout étant de s’accrocher au wagon et de ne pas le lâcher!

P.S.: Pourquoi BRIGANDS CHAPITRE VII? Parce que, c’est le septième long métrage de fiction d’Otar Iosseliani et peut-être clôt-il le cycle thématique qui lui est cher: l’éventail des saloperies humaines.