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Blood And Wine

par Christophe Bruynix
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 97’
Genre:
Date de sortie: 08/04/1997

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

BLOOD AND WINE nous conte les malheurs d'Alex Gates (Jack Nicholson), négociant en vin dont la vie ne tourne plus du tout rond: sa situation financière est désastreuse, sa femme boit, son beau fils se rebelle, sa maîtresse l'accapare. Sa seule chance de survie: cambrioler un de ses riches clients avec l'aide de Victor (Michael Caine), un perceur de coffre tuberculeux. Le butin vient exciter la convoitise de tout le microcosme familial: commence alors une lutte sans merci pour sa possession, qui vire avec tristesse au banquet de charognards pathétiques.

 

Notre critique:

Bob Rafelson a les grands moments de sa carrière derrière lui. Considéré un temps comme une des figures majeures du cinéma américain (avec entre autres FIVE EASY PEACES et THE POSTMAN ALWAYS RINGS TWICE), il a vu sa carrière osciller lentement puis décliner, tant artistiquement que financièrement pour arriver au four monumental qu’était MAN TROUBLE en 1995. N’essayez pas de vous en souvenir, le film n’est même pas sorti en Europe. Dans BLOOD AND WINE, il retrouve un peu de ses qualités anciennes. Mais si peu…

On le comprend dès la scène du cambriolage, d’une maladresse et d’une naïveté confondantes: on n’est pas dans un thriller (étiquette plus vendeuse), mais dans un drame, peuplé de personnages fragiles et sentimentaux. C’est ce qui fait le ton particulier du film, mais aussi sa faiblesse. Trop gentil pour un film noir, trop violent pour un mélodrame, BLOOD AND WINE n’est en fin de compte ni l’un ni l’autre. Cette hésitation casse le rythme et rend le tout peu passionnant. Malgré certaines confrontations réussies, il manque à l’ensemble ce quelque chose d’indéfinissable, de subtil, qui avait fait à l’époque une réussite de THE POSTMAN ALWAYS RINGS TWICE.

Un critique américain a vu dans BLOOD AND WINE la conclusion d’un cycle dans l’oeuvre de Rafelson, sur la déliquescence de la cellule familiale, composé de FIVE EASY PEACES et de THE KING OF MARVIN GARDENS – deux films du début des années septante. Peut-être. Entre temps, Rafelson a peu tourné, devant chaque fois se battre pour s’imposer comme auteur. Il a l’air fatigué, bloqué sur des thèmes et une mise en scène dépassés. Il serait intéressant de revoir ses premiers films pour exhumer les qualités profondes de BLOOD AND WINE, ensevelies sous une réalisation soignée mais devenue routinière.