Betty Fisher et Autres Histoires
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Betty Fisher et Autres Histoires

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe :
Durée : 101’
Genre :
Date de sortie : 23/10/2001

Cotation :

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Betty est écrivain et a un fils, Joseph, âgé de quatre ans. Margot, sa mère, est folle. Carole est serveuse et sa vie dans une cité ne vaut pas grand-chose. Elle le sait et le fait bien sentir à son fils, José.
Suite à un accident, Joseph, le fils de Betty décède. Et Margot, dans son monde de folie, décide d'aider sa fille... à sa manière!

 

Notre critique:

Après « La Cérémonie », roman de l’anglaise Ruth Rendell, adapté au cinéma par Claude Chabrol, c’est au tour du roman « Un Enfant pour un Autre » d’être porté à l’écran par un orfèvre en matière de suspense social (GARDE A VUE, MORTELLE RANDONNEE), Claude Miller. Il faut bien constater que l’alchimie entre Rendell et Miller fonctionne parfaitement, tant l’un et l’autre s’intéressent aux mêmes sujets: aux fractures sociales et aux destins de femmes ou d’adolescentes (L’EFFRONTEE, LA PETITE VOLEUSE, LA CLASSE DE NEIGE).
A l’instar du regretté Claude Sautet, Miller possède le remarquable talent de pouvoir se passer des mots pour laisser filtrer l’émotion et le non-dit. Sa mise en scène, fluide, sans effets de caméras outranciers, sert remarquablement son sujet laissant aux sentiments des personnages tout l’espace nécessaire à leur épanouissement ou à leurs interactions.

Mais l’excellente mise en scène du film n’est pas sa seule qualité: une interprétation hors pair des trois actrices principales cisèle l’univers de BETTY FISHER pour en faire un suspens à part entière. On soulignera ainsi la force fragile de Sandrine Kiberlain, la folie parfois furieuse d’une Nicole Garcia dont le personnage toujours au bord du gouffre est terrifiant ou encore la force du désespoir d’une Mathilde Seigner, actrice décidément plus intéressante que jamais. Du coup, les destins des trois femmes prennent une dimension plus forte, plus pesante aussi tandis que la violence physique renforce la violence morale aux moments clés.

Du très bon cinéma de la première à la dernière minute…