Bâtiment 5

Bâtiment 5

C’est en 2019 avec le film coup de poing LES MISERABLES que l’on découvre Ladj Ly. Le réalisateur, issu des banlieues, a été sauvé de la délinquance grâce au cinéma. Ses colères, ses questionnements, ses accusations, il les met en scène pour dénoncer l’état des banlieues et de l’immigration.

Avec BÂTIMENT 5, le réalisateur/scénariste s’attaque cette fois-ci au monde politique, un monde de corruption et de compromissions. Comme dans LES MISERABLES, l’intelligence du scénario de BÂTIMENT 5 est d’être tout sauf manichéen. Ladj Ly brosse le portrait de personnages riches avec des motivations complexes. Roger, l’adjoint au maire, est peut-être pourri mais il est sur le terrain avec tous les habitants, Nathalie, la femme du maire, ne comprend pas les réactions primaires de son mari et Haby tente de s’opposer démocratiquement tandis que Blaz met le feu à des affichages.

Le casting est parfaitement choisi et si pour beaucoup d’interprètes, le film est leur premier, cela ne se ressent à aucun moment, bien au contraire. Leur réalisme sert très bien le propos du film.

Bien sûr, Ladj Ly dresse un portrait à charge du monde politique, des gouvernants et dénonce une société où la violence qui engendre la violence, mais il ne peut pas faire autrement si il veut montrer l’absurdité d’un système qui a perdu toute notion de dialogue, qui utilise l’injustice comme une arme de destruction massive.

BÂTIMENT 5 dénonce mais ne propose pas de solutions évidentes (même si il en suggère une: Haby pourrait devenir maire). C’est sa faiblesse et mais aussi une force car il évite à Ladj Ly de faire des compromis avec sa vision et de faire rentrer le spectateur dans son univers.

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