Bastarden - The King's Land - The Promised Land
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Bastarden

par Eric Van Cutsem

Titre français : King's Land

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Copenhague, 1755. Dans la maison des vétérans de la guerre, Ludwig Khalen sollicite le droit de cultiver la lande du Jutland, une région danoise où rien ne semble pousser.

 

Notre critique:

Présenté à au Festival de Venise en 2023, BASTARDEN (traduit à l’international par THE PROMISED LAND, en français (?) par KING’S LAND), est un film danois avec le génial Mads Mikkelsen (RIDERS OF JUSTICE, DRUNK, CASINO ROYALE)

Belle plongée dans une culture pas si loin de nous mais qui à l’époque semble très différente de la nôtre au même siècle, le film raconte l’histoire d’un capitaine de l’armée, Ludvig Kalhen, décoré, mais d’extraction modeste et bâtarde, qui pour sa retraite compte bien s’établir et cultiver un lopin de lande réputée non cultivable. Son installation ne va pas se passer sans heurts avec le noble sadique du coin, interprété par Gustav Lindh (THE NORTHMAN) avec, on le sent, un plaisir non dissimulé.

Film historique qui déroule son récit dans le milieu du 18e, BASTARDEN est assez convenu comme film historique mais sa violence et son âpreté traduit plutôt bien la lutte des classes qui a lieu à ce moment-là au Danemark. Il propose aussi une réflexion plutôt intéressante sur le droit de penser différemment et sur comment ce droit peut-être réprimé avec violence (NDA: cela ne vous rappelle pas une certaine période récente liée à une pandémie?).

La mise en scène de Nikolaj Arcel est plutôt solide et parfaitement en phase avec la photographie de Rasmus Videbæk qui avait déjà travaillé avec Arcel sur ROYAL AFFAIR et sur THE DARK TOWER et à qui l’on doit aussi la photographie de la série The Crown.

Bien que BASTARDEN (King’s Land) fasse référence à quelques personnages historiques, le film est inspiré plutôt d’un roman de Ida Jessen, The Captain and Ann Barbara, fiction elle-même inspirée de faits divers dont il reste peu de trace dans les livres d’histoire danois. C’est donc une vraie fiction avant d’être une biographie, ce qui n’empêche pas le film d’avoir une vraie portée sociale et politique.

Vu le sujet, il est clair (même sans divulgâcher grand-chose) que le film n’offre pas un happy end, mais que l’on se rassure, les plus sadiques auront fort heureusement une fin à la mesure de leur méchanceté…

 

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