Babygirl
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Babygirl

par Eric Van Cutsem

Cotation:

2 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Alors qu’elle vient de faire l’amour avec son mari, Romy se précipite vers son portable pour regarder du porno en se masturbant…

 

Notre critique:

On a eu 50 NUANCES DE GRIS sur les pratiques sado-maso et l’on a maintenant BABYGIRL sur les pratiques de soumission et de domination. La comparaison est hélas plutôt bonne car comme pour 50 NUANCES, celles et ceux qui vont voir BABYGIRL pour en apprendre plus sur la sexualité féminine ou pour des raisons plus primaires de voir quelques scènes de sexe avec la toujours belle Nicole Kidman en seront pour leur frais (qu’ils ou elles aillent donc voir EYES WIDE SHUT de Stanley Kubrick qui en une scène en dit et montre dix fois plus).

Car BABYGIRL, présenté à la 81e Mostra de Venise en 2024, fait partie de ces films que le puritanisme américain a écrasé de tout son poids. Et pourtant la réalisatrice est une hollandaise (et l’on sait que les hollandais sont plutôt libérés au niveau sexuel) et une femme qui aurait donc pu amener un regard neuf ou peut-être plus osé sur la thématique.

Le film de Halina Reijn a un autre défaut: son scénario et la caractérisation de ses personnages. Kidman y est présentée comme une CEO fondatrice d’une compagnie d’automatisation de logistique industrielle, Tensile (en clair elle crée des robots), société qui est plutôt prospère. En clair, il y a du personnel et la CEO n’est pas sans le sous. Ayant dû sans aucun doute se battre pour arriver là où elle est, elle a certainement un caractère bien trempé. Et soyons clair, ce n’est pas pour cela qu’elle ne peut pas avoir une sexualité dans laquelle elle est plutôt soumise. Par contre, sa société est sans aucun doute tout pour elle. Pourquoi la mettrait elle en danger en ayant une histoire avec un stagiaire plutôt grande (et belle) gueule qu’en principe elle n’aurait jamais dû rencontrer qu’une fois? Elle affirme elle-même qu’elle pourrait se payer tout ce qu’elle souhaite en matière de sexe et de soumission. Une invraisemblance majeure qui enlève toute crédibilité à ce personnage et à son histoire.

Ses réponses au chantage divers et variés dont elle est l’objet ne font pas naître chez elle la moindre fibre d’une entrepreneuse digne de ce nom. J’en connais plusieurs qui vont plutôt bien rire de cette caricature de fondatrice!

Quant au mari (joué par Antonio Banderas) qui tombe des nues lorsque sa femme lui apprend qu’elle n’a jamais eu d’orgasmes avec lui et qui ne parvient pas à discuter des fantasmes de son épouse qu’il semble aimer, mais qui en viendra aux mains avec l’amant de sa femme, il est aussi inconsistant que ce personnage de stagiaire qui se fait remarquer parce qu’il sait parler aux chiens déchaînés.

Vous l’aurez compris, BABYGIRL n’est pas la grande surprise sulfureuse de cette 81e Mostra. Qu’on nous rende BASIC INSTINCT et Paul Verhoeven

 

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