Avatar: the way of water - Avatar: la voie de l'eau
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Avatar: The Way of Water

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Avatar: la voie de l'eau

Cotation:

4/ 6

Si vous avez manqué le début:

La forêt de Pandora recèle de nombreux dangers. Mais le principal danger est d'en tomber amoureux...

 

Notre critique:

Il aura donc fallu plus de 12 ans à James Cameron pour revenir avec la suite annoncée depuis le premier AVATAR en 2009, AVATAR THE WAY OF WATER (Avatar: la voie de l’eau).

Et comme toujours avec ce type de suite d’un film qui avait révolutionné certains effets spéciaux, certains effets visuels, l’attente était à la hauteur de la réputation de perfectionniste de James Cameron.

Si du côté visuel du monde Pandora et des Na’vi, il n’y a clairement pas grand-chose à redire, côté fond de l’histoire, il conviendra de rester plus circonspect, voire de se poser des questions sur la propension du cinéma américain à tout ramener à des clichés on ne peut plus classique: guerre, vengeance, racisme et famille.

Après plus de 10 ans d’absence et pour le public plus jeune qui n’aurait pas vu le premier opus, et aussi parce qu’en 10 ans Pandora a évolué, il fallait faire un petit récapitulatif depuis le moment où l’on avait laissé les différents protagonistes. James Cameron fait ça plutôt bien, suggérant, autant par le non dit que par l’explicite, où nous en sommes, avant de commencer la narration à proprement parler de ce second épisode.

Soyons clair d’emblée, le récit tient sur une feuille de papier à cigarette et nous ressert le bon vieux discours qui a fait recette dans bon nombre de films (qu’il soit de SF ou non) sur l’interventionnisme colonialiste et ce qu’il s’ensuit dans la population autochtone. Les (méchants) humains sont partis (sauf les scientifiques) mais ils n’ont pas dit leur dernier mots pour revenir coloniser cette belle planète qui pourrait bien leur servir de refuge (et de réserve d’énergie et de nouvelles substances pharmaceutiques) si ça allait mal sur Terre. Ces militaires bas-de-plafonds (qui a dit pléonasme ?) reviennent pour se venger de celui qui les a trahis, le sieur Jake Scully (incarné par Sam Worthington) devenu depuis Toruk Makto, plutôt bleu, avec quelques enfants de plus et sa toujours très belle femme native de la planète (jouée par Zoe Soldana).

Certains pourraient sans aucun doute argumenter que AVATAR: THE WAY OF THE WATER est un film parfaitement en phase avec son époque, puisqu’il montre à quel point l’homme se fout totalement de la beauté de la nature et ne songe qu’à la vengeance, à la guerre, au patriotisme et à la famille (ça c’est plus pour les Na’vis). Cette vision réductrice de nos amis américains correspond bien sûr aussi à une volonté de simplification et de nivellement par le bas pour toucher le maximum de public de par le monde (il faut bien rentrer dans ses frais, non?).

On l’a dit: visuellement, le film est somptueux! Mais il est clair que pour en profiter, il sera nécessaire de trouver un écran Imax près de chez vous qui projette aussi le film en 3D, et dans ce cas, et ce cas seulement, vous pourrez profiter pleinement des dollars engloutis dans le film pour nous faire rêver au monde de la lune Pandora comme il se doit!

Après la vision, il reviendra quand même au spectateur de décider si il a vu un film d’animation ou un film de fiction classique, tant l’univers n’existe que par les effets spéciaux visuels (très réussi sauf peut-être dans certains crashs de navettes qui sont trop « propres » pour être vrais – on aimerait plus de tôle froissée)

Si cet AVATAR: THE WAY OF WATER rapporte suffisamment, il est possible que Cameron donne des suites (pas forcément réalisées par lui d’ailleurs) à ce 2e opus. La question qu’il faut alors se poser est: est-ce que seule la beauté du monde de Pandora suffira encore à attirer les foules sur d’autres épisodes? Et surtout faudra-t-il encore attendre 12 ans?

 

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