Anomalisa

Scénariste pour Michel Gondry (ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND) ou pour Spike Jonze (BEING JOHN MALKOVICH), Charlie Kaufman est un personnage à part dans le cinéma made in US de par son approche toujours originale en matière de scénario ou de réalisation.

Il le prouve une fois de plus avec ANOMALISA, son deuxième film derrière la caméra après SYNECDOCHE, NEW YORK. Non content de proposer une idée originale -les affres d’un homme qui cherche à donner un sens à sa vie et qui traverse une crise identitaire forte-, il travaille aussi sur la forme en choisissant de traiter son sujet au travers d’une animation en stop-motion.

Ce choix permet ainsi d’aborder le sujet de l’identité en donnant à tous les personnages autre que Michael et Lisa, une femme dont il tombe amoureux dans l’hôtel, le même visage et la même voix, et d’introduire une certaine distanciation qui sert le propos d’un certain individualisme dans récit assez réaliste.

Entre fantastique et réalisme donc, ANOMALISA (le nom vient du fait que Lisa, différente des autres, se sent comme une anomalie dans le monde Michael) possède un climat très étrange qui rend tangible la vie de cet homme, Michael, coupé en deux entre son discours d’expert en service clientèle et sa réalité quotidienne répétitive, misérable, refermer sur lui-même.

OVNI cinématographique, ANOMALISA n’en demeure pas moins un film remarquable qui mérite une si pas deux visions pour en saisir toute la portée au travers des subtilités du fond et de la forme glissés par Charlie Kaufman dans 1h30 d’animation…

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