America’s Sweethearts

America's Sweethearts

Si Hollywood génère son lot de rêves et de fantasmes tant parmi le public que dans le monde du cinéma, nous savons tous pertinemment que ces rêves sont largement bordés de cauchemars que le star-système se charge de cacher, d’absorber ou de révéler au grand jour pour le plus grand plaisir de Monsieur et Madame Tout-Le-Monde.

Pas mal de films (BOWFINGER, THE PLAYER) ont tenté avec succès ou non, le plus souvent sur le ton de la comédie amère ou cynique, de montrer le dessous des cartes du système hollywoodien. AMERICA’S SWEETHEART vient donc ajouter sa pierre à l’édifice de la critique du monde impitoyable, qui, sous un soleil implacable, régit les habitués du star-système.
Sa particularité majeure repose cependant sur le fait qu’il a été réalisé par Joe Roth, habituellement producteur de son état, et donc parfaitement au courant de ce qui se passe dans le milieu privilégié des stars. Après avoir produit des YOUNG GUNS, EXORCIST III ou des ANGIE – ce qui montre d’ailleurs qu’il n’est pas un nabab de Beverly Hills, Joe Roth s’essaye donc pour la quatrième fois à la réalisation en dévoilant les dessous d’une relation triangulaire entre un couple de vedettes et leur secrétaire particulière.

Mais le clin d’oeil ne s’arrête pas là puisque le producteur, scénariste du film a pour nom Billy Crystal, lui-même très au courant de la vie du tout-hollywood. Ceci explique donc l’aspect relativement percutant des dialogues et des situations qui ont un petit air de réalisme parfois très agréable. On regrettera cependant que Roth et Crystal ne se soient pas laissés franchement aller en piquant un peu plus où cela aurait pu faire mal… Il est vrai que cracher dans la soupe ou mordre dans la main qui nourrit est une opération que peu de gens (exception faite d’un Altman, peut–être) osent se permettre… surtout à Hollywood.

Du point de vue interprétation, John Cusack et Catherine Zeta-Jones sont très à l’aise en couple de stars qui s’entredéchire. Juste dans le ton, ironiques à souhait, ils nous livrent quelques numéros de rentre-dedans réussis. Enfin, on sent que le choix de mettre Julia Roberts en secrétaire personnelle de Catherine Zeta-Jones représente une pique de plus à l’establishment de la Mecque du cinéma.

Une petite comédie sympathique mais qui hélas écorchera à peine les grands faiseurs de cinéma commercial ou les grandes stars hollywoodiennes…

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