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All Over Me

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 90’
Genre:
Date de sortie: 18/11/1997

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Claude et Ellen sont deux amies d'enfance en pleine crise d'adolescence. Claude se sent mal dans sa peau. En quête de son identité sexuelle, elle rencontre un homosexuel et une lesbienne. Et bouleverse sa relation avec Ellen. Sexy comme une vamp, cette dernière s'entiche d'un macho violent qui l'entraîne dans l'échappatoire de la drogue et de l'alcool...

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Notre critique:

Le festival de Sundance, monté par Robert Redford, est la vitrine de la production américaine indépendante. ALL OVER ME est un des rares films sélectionnés à avoir traversé l’océan pour atteindre nos écrans bruxellois. Voilà qui suscite d’emblée notre intérêt…

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La jeunesse américaine est en crise! Elle a perdu ses repères, et se cherche, à l’image de Claude, héroïne de ALL OVER ME. Les artistes indépendants tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Le film dépeint une société grise, dont les valeurs morales s’effritent. Cachés derrière un rideau de puritanisme tenace, le bien et le mal se confondent. A trop fuir ses tares, l’Amérique les a banalisées. Derrière sa façade politiquement correcte, elle est déchirée par l’alcoolisme, la drogue, la violence et l’intolérance. Le portrait n’est pas neuf. Mais désormais, les cinéastes qui prennent la parole ont vécu ces contradictions personnellement. D’où, un cinéma vérité, hyper réaliste, à cent lieues des productions sophistiquées des grands studios.

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Dans THE DOOM GENERATION et NOWHERE, Araki tire de cet état des lieux un constat nihiliste et ferme toutes les portes de sortie. Dans ALL OVER ME, la démarche des soeurs Sichel est diamétralement opposée. Alex (à la réalisation) et Sylvia (au scénario) ne posent pas de jugement. Elles explorent des pistes. Plutôt que de nous présenter des personnages victimes de leur devenir, elles choisissent une héroïne volontaire, qui se bat pour trouver sa place, et qui n’hésite pas à sacrifier son passé pour gagner son avenir. Pédagogues, les deux soeurs exposent systématiquement les différents types de rapports amoureux (homme – femme, homme – homme et femme – femme). A nous de choisir…

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Le ton est libre et enjoué. Alex et Sylvia aiment leur sujet et le milieu underground qu’elles portent à l’écran. Sans chercher la provocation, mais au contraire avec beaucoup d’attachement, elles nous entraînent dans les rues chaudes et dans les boîtes alternatives de Big Apple. Le tout sur les morceaux rythmés et accrocheurs de Babes in Toyland, Helium, Patti Smith Group… Le film est à l’image de la bande originale: rêche, puissant, inédit et profondément sincère.