All Or Nothing

All Or Nothing

Que cela soit avec SECRETS & LIES ou avec NAKED, Mike Leigh a prouvé à maintes reprises son talent de réalisateur dit « social ». A l’instar d’un Ken Loach, il est capable de décrire des personnages et de les immerger dans notre société. Mais contrairement à Loach, Mike Leigh ne les plonge pas dans un univers de revendications et de luttes sociales, il les confronte à eux-mêmes dans le creuset social pour en sortir l’essence des relations humaines. Il faut dire qu’avec des interprètes de la pointure d’un Timothy Spall (SECRET & LIES, VANILLA SKY, WISDOM OF CROCODILES) ou Lesley Manville (TOPSY TURVY, SECRET & LIES), les relations humaines dans un film prennent tout de suite une dimension de vérité que peu d’acteurs sont capables d’apporter au cinéma de nos jours.

Avec ALL OR NOTHING, Mike Leigh entraîne donc le spectateur dans un univers hélas fort présent dans nos sociétés industrielles où l’annihilation de la personnalité et la destruction de l’espoir se vivent au quotidien. D’aucuns pourraient croire que cela n’existe que chez nos voisins. Dans ce cadre, le film de Mike Leigh est sans conteste un révélateur et peut-être un catalyseur de la lutte contre cet état de fait. Si le film est dur (et la note d’espoir très faible), on lui reprochera cependant une rupture assez grande dans le ton après le climax du film. Les longueurs s’accumulent alors et empêchent le spectateur de profiter pleinement de la (petite) note d’espoir final ou même de la performance du couple Manville-Spall. Dommage!

Mais au-delà de ce petit couac, il reste que ALL OR NOTHING est une fantastique claque dans la figure des gens qui préfèrent fermer les yeux sur la misère d’une humanité qu’ils côtoient chaque jour… Rien que pour cela, il faut aller voir ALL OR NOTHING.

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