Aïcha

Aïcha

par Eric Van Cutsem

Equipe: Ala BenHamad, Fatma Sfarr, Hela Ayed, Mehdi Barsaoui, Yassmine Dimassi
Durée : 123′
Genre: Drame social
Date de sortie: 21/05/2025

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Le personnel féminin d’un hôtel débarque en voiture pour prendre leur service pour la semaine.

 

Notre critique:

Aya travaille dans un hôtel en Tunisie. Elle a une relation secrète avec son patron, un homme marié qui lui promet soi-disant de divorcer. Ses parents, endettés, cherchent à la marier à un homme riche qui pourrait les aider à remonter la pente. Aussi, lorsque, lors d’un accident grave avec le minibus qui l’amène comme chaque jour à l’hôtel, on la croit morte, elle décide que c’est peut-être l’occasion de recommencer la vie dont elle a toujours rêvée.

Qui finalement n’a pas rêvé de recommencer une vie qui a mal débuté? C’est donc ce qui est offert à Aya! Avec son traitement très réaliste (le film est inspiré d’événements en Tunisie après la révolution), AÏCHA s’éloigne très vite de la fable qui consisterait à offrir une seconde chance à sa protagoniste principale. Au contraire, le film va s’attacher à scruter l’ensemble des problèmes que ce mensonge sur sa mort va coûter à Aya. Et c’est là toute l’originalité du film, pas de manichéisme, juste une étude de personnages avec leurs bons et mauvais côtés.

Au milieu d’une Tunis moderne aux femmes libérées (les clubs, l’absence de foulards, etc) pointent les vrais problèmes encore existants: une femme harcelée qui n’aurait pas été molestée pourrait être considérée comme une aguicheuse, voire une prostituée. Donc il vaut mieux mentir pour être traitée « normalement ». C’est ce que Mehdi Barsaoui met en avant dans son 2e long métrage (après UN FILS): le mensonge entraîne le mensonge et l’on finit dans une impasse, dont on ne sort qu’en rétablissant la vérité (ou en accréditant jusqu’au bout le premier mensonge!).

Même si tout n’est pas parfait dans ce AÏCHA, il faut bien reconnaître au film un point de vue bien ancré et un récit homogène qui ne se perd pas dans des sous-histoires, le tout bénéficiant de l’énergie et du dynamisme de l’actrice Hela Ayed.

 

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