Agents Secrets

Agents Secrets

Une introduction d’un quart d’heure sans paroles mais avec des images qui parlent directement au cerveau, voilà comment AGENTS SECRETS plonge le spectateur dans le monde secret et mystérieux de ces hommes et ces femmes de l’ombre.

Avec un scénario très cartésien, très froid a priori (« Il ne s’agit pas d’émotions. Il s’agit d’affaires »), AGENTS SECRETS fait monter la tension de manière indicible. En partant d’une réalité routinière, bien huilée et en introduisant lentement divers grains de sable dans cette belle mécanique, les scénaristes amènent peu à peu les premiers dérapages après cinquante minutes de films.

Et les dérapages viennent bien évidemment du facteur humain, comme le dit le Colonel Grasset, le personnage interprété par Dussollier,: « Le facteur humain… On néglige toujours le facteur humain ». Et c’est la force étonnante du récit qui, en montrant des femmes et des hommes qui sont à la fois forts dans leur métier et fragiles dans leur vie de tous les jours (vie qui n’existe quasi plus d’ailleurs), aborde plus subtilement ces espions que la majorité des films américains ou autres. On est bien sûr loin, très loin, d’un James Bond omnipotent mais souvent sans consistance.
Avec Barbara (Monica Bellucci) qui veut quitter le métier, démarre aussi une vraie réflexion sur la profession d’agent secret. Cette réflexion se poursuit au fur et à mesure en humanisant les personnages (Monica en pleurs dans la prison, Cassel faisant des erreurs, etc.) mais aussi en montrant les rapports étroits et conflictuels existants entre les services d’espionnage des différents pays (notamment USA – France).

Après un premier long métrage (SCENES DE CRIME) excellent, le réalisateur Frédéric Schoendoerffer confirme un talent remarquable de peintre réaliste de personnages hors normes. Avec peu de dialogues, il fait passer sentiments, réflexions politiques et sociales arrivant à entraîner le spectateur dans un suspens captivant avec de multiples rebondissements.

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