A Single Man

A Single Man

C’est un Colin Firth (MAMMA MIA!, BRIDGET JONES) remarquable qui porte sur ses épaules le rôle de George, avec sensibilité, sans exagération et sans caricature gay. Son personnage prépare toute sa journée comme si il s’agissait de la dernière et planifie son suicide à la manière d’un esthète et d’un intellectuel… Et dans sa lente descente vers le néant, il croise Charley (une formidable Julianne Moore), alcoolique, qui l’a toujours aimé. Et ces deux êtres pathétiques ne parviendront une fois de plus qu’à se croiser sans parvenir à se sauver l’un l’autre.
Pour son premier film, Tom Ford, à la fois au scénario (adapté d’un roman) et derrière la caméra, nous offre un portrait sensible d’un homme que la mort d’un être cher frappe de plein fouet. Par petites touches et avec lenteur et finesse, sa mise en scène colle parfaitement à l’état d’esprit de son personnage principal. Il use habilement de flashbacks, d’images et de couleurs chaudes ou froides pour suggérer des impressions et les émotions par lesquelles George passe pour faire son deuil.
Tom Ford réussit ainsi le double pari d’aborder l’homosexualité et la perte d’un amour en un seul et même film, sans jamais céder aux clichés et en entraînant le spectateur dans un état émotionnel qui correspond parfaitement à un état d’esprit suicidaire. Bien sûr la lenteur du film et éventuellement une imagerie trop esthétique risquent d’en rebuter quelques-uns même si elle est parfaitement justifiée par le sujet du film…

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