A perdre la raison

A perdre la raison

A partir du tristement célèbre fait divers Geneviève Lhermitte dans le barbant wallon en Belgique, Joachim Lafosse compose à nouveau un film dont le centre est un être fragile qui se retrouve englué dans une toile tissé par des personnes dominantes. A l’instar d’un ELEVE LIBRE, on retrouve l’idée du mentor (ici le docteur Pinget admirablement interprété par Niels Arestrup) qui amènera Mounir à prendre position vis-à-vis de Murielle à l’encontre de l’amour qu’il lui portait.

Le couple se brisera sous les coups de boutoirs de Pinget manipulant dans l’ombre, distillant chaud et froid et conduisant, avec l’aide Mounir, Murielle vers une voie sans issue qu’elle résoudra de la plus atroce des manières.

A la différence peut-être d’ELEVE LIBRE ou de NUE PROPRIETE – et c’est tant mieux-, Joachim Lafosse évite ici toute forme de provocation vis-à-vis du spectateur. Il alimente simplement le récit par petites touches successives pour entrainer Murielle (dans laquelle s’est littéralement fondue Emilie Dequenne qui mérite amplement son prix à Cannes) au fin fond de son enfer. Entre l’amour fou qu’elle porte à Mounir, l’amour de ses enfants et le respect qu’elle doit au docteur Pinget, elle ne pourra plus choisir.

Il est clair que Joachim Lafosse et ses scénaristes prennent le parti de Murielle, la posant plus en victime qu’en bourreau, mais la démonstration fonctionne et l’on finit par admettre, si ce n’est comprendre, la situation de Murielle…

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