18 Ans Après
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18 Ans Après

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 89′
Genre:
Date de sortie: 18/02/2003

Cotation:

2 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Cela fait maintenant dix huit ans que Pierre, Jacques et Michel, les trois papas poules célibataires qui se débattaient avec les couches culottes et les biberons du couffin quelque peu encombrant, élèvent et assurent l’éducation de Marie, leur fille adoptive. Le poupon braillard est désormais une belle plante tout juste bachelière prête à partir en vacances en Provence avec sa mère Sylvia. Cette dernière qui depuis vit aux Etats-Unis, débarque dans la grande maison louée pour l’occasion, accompagné de son nouveau jules (un californien hyperactif et épuisant) et de ses deux fils, James, beau gosse selon les critères locaux et Arthur plutôt timide et boutonneux.

 

Notre critique:

En 1985, alors que de l’autre côté de l’Atlantique on s’ébahit sur les triceps de TERMINATOR, on fantasme sur les abdos de RAMBO II et que l’on complète la panoplie musclée avec les exploits de MAD MAX III, les descendants des Gaulois eux se découvrent l’âme pouponne et s’émerveillent devant les « gazous » et « areuhs » d’un couffin rose entouré de trois joyeux célibataires. Drainant plus de douze millions de spectateurs, faisant même l’objet d’un remake américain avec Mr Magnum (Tom Selleck), Coline Serreau décrochait cette année là le jackpot avec TROIS HOMMES ET UN COUFFIN.

Tout le monde vous le dira, les enfants ça pousse vite et on ne voit pas le temps passer… Comme la première gamelle en patins à roulettes ou encore le premier bouton de varicelle ne sont pas le genre de sujets à déchaîner des hordes de spectateurs, fallait bien attendre au moins tout ça pour nous recauser de la petite et faire une suite à ce carton hexagonal. Histoire de ne pas perturber les fans du truc qui avaient « adddddooooré » à l’époque (cible principale du film), on prend donc presque les mêmes et on recommence, tout du moins on essaye car le sujet est il faut bien l’avouer un peu passé de mode et deux des principaux acteurs ont quelque décliné au box-office depuis. Résultat ce ne sont donc plus les facéties des gentils papas qui sont mises en avant (Giraud, Boujenah et Dussolier sont cette fois relayés au rang des seconds rôles) mais plutôt les aventures de fifille (interprétée par la propre fille de la réalisatrice) devenue grande qui sont choisies comme centre d’intérêt.

Bref n’y allons pas par quatre chemins, 18 ANS APRES est aussi catastrophique qu’un éléphant tombé dans un magasin de porcelaine après le passage d’une troupe de blindés. Situations caricaturales, gags téléphonés, clichés exagérés et dialogues insignifiants se suivent et s’épuisent dans une mise en scène digne d’un sitcom télévisé de fin de journée. Coline Serreau qui ne lâche plus sa caméra DV depuis CHAOS, non contente de nous offrir une image vilaine à souhait, semble cette fois avoir écrit son scénario sur un coin de table entre la poire et le fromage avec un niveau d’inspiration flirtant avec la bibliothèque rose. Et même si tout son petit monde semble s’amuser et être retombé en pleine cure de jouvence, cet épisode II sent le sacré coup de vieux. Quand on sait que l’idée du numéro III est déjà évoquée on a quelques craintes fondées sur l’avenir de ces papas gâte(a)ux.